L'Express (Port Louis)

Ile Maurice: Sept ans de prison pour Khemraj Chamroo

Port Louis — Fâché des commentaires de sa compagne sur ses performances sexuelles, l'accusé lui a donné une substance nocive, l'a étranglée et l'a jetée dans un puits.

Le verdict est tombé hier. Khemraj Chamroo a été condamné à sept ans de prison pour l'agression mortelle de Kameenee Nageshwar. Il a également été condamné à deux ans de prison pour avoir dissimulé le cadavre de sa victime dans un puits, les deux peines devant toutefois être purgées concurremment. Khemraj Chamroo devra aussi payer une amende de Rs 5 000 pour le vol d'une carte bancaire de la défunte.

Kameenee Nageshwar avait 42 ans et était employée au ministère de l'Agriculture. Elle avait été portée manquante depuis le mardi 2 décembre 2003. Quatre jours plus tard, son cadavre était repêché dans un puits à Clémencia. L'autopsie pratiquée par le Dr Amah Charya Gujjalu a attribué le décès à l'asphyxie due à la strangulation.

Le vendredi suivant, la police arrêtait Khemraj Chamroo, 33 ans, propriétaire d'un snack et habitant Mission Cross Road, à Bon-Accueil. Il connaissait bien la disparue et était provisoirement accusé de kidnapping. Toutefois, tôt le lendemain, il avouait avoir d'abord forcé sa victime à ingurgiter une substance nocive, puis l'avoir étranglée dans un bâtiment vis-à-vis de Happy World House à Port-Louis.

Puis, a-t-il relaté, il a embarqué le cadavre dans sa voiture et s'en est débarrassé dans un puits à Clémencia. Il expliquait son geste par sa frustration : Kameenee Nageshwar, avec laquelle il entretenait une liaison, aurait fait des remarques sur sa performance sexuelle.

Trois accusations

Poursuivi devant la cour intermédiaire, Khemraj Chamroo plaidait coupable sous les trois chefs d'accusation : coups et blessures infligés sans intention de tuer, dissimulation de cadavre et vol. Dans son verdict la magistrate Jane Lau Yuk Poon a cité l'article 69 B du District and Intermediate Courts (Criminal Jurisdiction) Act qui autorise la cour intermédiaire à imposer une peine moins sévère si l'accusé plaide coupable dans un délai approprié.

Toutefois, la magistrate s'est aussi référé à un extrait du jugement de la Cour suprême rendu dans l'appel interjeté par l'ancien directeur financier d'Air Mauritius, Gérard Tyack, contre sa condamnation. "Un autre aspect à ne pas oublier est que le coupable ne doit pas croire que la cour lui sera indulgente uniquement du fait qu'il plaide coupable et qu'il co-opère avec la police."

La peine maximale pour ce genre de délit est de huit ans, a fait ressortir la cour. Mais tenant compte des circonstances de l'agression, la cour a estimé qu'un emprisonnement de sept ans est approprié.


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