L'Express (Port Louis)

Ile Maurice: Un plan pour augmenter la capacité de l'enseignement supérieur

Port Louis — Passer de 10 à 45 % d'ici 2015 afin de permettre à 48 750 étudiants de s'inscrire pour des études supérieures. C'est la stratégie que compte appliquer le plan de la Tertiary Education Commision.

Faire de Maurice un temple de l'enseignement supérieur. C'est l'ambition affichée par le gouvernement et étayée dans le plan stratégique 2007-2011 de la Tertiary Education Commission (TEC). L'autorité régulatrice du secteur a récemment finalisé la stratégie qu'elle compte appliquer.

D'une part, la TEC se propose comme catalyseur pour hausser substantiellement la participation des Mauriciens dans des études post-secondaires. D'autre part, elle se porte volontaire pour transformer le pays en un aimant pour les institutions tertiaires, dont des universités reconnues et des étudiants étrangers.

Le plan stratégique ambitionne de faire accroître le taux d'inscription dans l'enseignement supérieur de 10 % pour atteindre 45 %, soit 48 750 étudiants d'ici 2015. En 2004, ce taux était de 28,4 %. Mais pour atteindre cet objectif, l'organisme a besoin d'avoir les coudées franches et cela passe inévitablement par une réforme de l'institution et une campagne de recrutement de professionnels qualifiés, indiquent des sources proches de la TEC.

Faiblesses et opportunités

Toutefois, on ne devient pas un centre d'excellence en un clin d'oeil. Si l'île peut compter sur un certain nombre d'atouts, dont un système politique stable et démocratique, une société pluriculturelle et plurilingue, des prix de logement et d'études avantageux ou encore un climat d'investissement attractif, plusieurs faiblesses pourraient gêner sa transformation, selon la TEC.

Aujourd'hui, la recherche à Maurice est une discipline limitée à une peau de chagrin alors que des infrastructures pour accueillir d'éventuels étudiants étrangers sont très rares. Les places offertes par les institutions existantes sont également limitées. Le manque d'expertise dans les domaines émergents est aussi sur le banc des accusés.

Néanmoins, les opportunités sont là. La demande grandissante des jeunes et des moins jeunes pour poursuivre leurs études devrait être un stimulus efficace. D'autant plus que le marché est, selon la TEC, estimé "à plus de Rs 2 milliards annuellement".

La première étape consiste à créer l'environnement propice. Outre la préparation d'une stratégie de promotion efficace, des supports à l'investissement pour inciter les institutions locales et étrangères à s'implanter localement ou à étendre leurs activités, il faudra passer par une procédure simplifiée d'obtention de visa pour ceux qui souhaitent étudier dans les institutions supérieures mauriciennes.

Récemment, le ministre de l'Éducation, Dharam Gokhool, a indiqué que Maurice "vise à devenir un centre du savoir en attirant des institutions éducatives et universités étrangères bien connues et réputées". Le lien entre le monde académique et le privé devra également être renforcé, notamment au niveau de la recherche et pour arriver à une cohérence entre l'offre et la demande du marché. D'ailleurs, la TEC estime qu'il faudrait exiger que les institutions "développent leurs plans de recherche, incluant des activités de troisième cycle ou postdoctorales" pour qu'elles créent des centres d'excellence ou des "world class clusters of research".

Le fait que l'État soit le principal pourvoyeur de fonds pour les universités publiques est plutôt considéré comme une faiblesse. Le plan demande l'établissement d'un "système de financement soutenable impliquant un partage des coûts équitable entre les étudiants, le secteur privé et l'Etat".

Le DAV Degree College devient réalité

C'était le rêve caressé par les dirigeants de la branche mauricienne de l'Arya Sabha depuis quelques années. Elle est maintenant devenue réalité. Inauguré samedi dernier, le DAV Degree College est opérationnel. En s'associant avec des institutions d'enseignement supérieur reconnues, dont la Kurukshetra University de l'Inde, cette institution vise à devenir un établissement pluridisciplinaire. Le premier programme offert est une licence ès lettres en hindi, sanskrit et anglais. D'autres démarreront dans un avenir proche.


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