Port Louis — La plupart des intervenants au débat organisé par le MTC estiment qu'il y a un risque que ces renseignements soient mal interprétés par les turfistes.
Faut-il rendre publics les traitements vétérinaires des chevaux ? Un débat sur la question a été organisé hier au siège du Mauritius Turf Club (MTC). Même si les entraîneurs ont été peu nombreux à y participer, plusieurs autres acteurs de l'industrie hippique étaient présents pour échanger leurs idées sur la question qui est sur toutes les levrès depuis quelque temps déjà.
En effet, ce débat a été lancé depuis la déclaration de Rameshwar Gujadhur après la réussite de Te Atatu lors du troisième acte. L'entraîneur avait déclaré, à l'issue la victoire de son cheval, que ce dernier avait été traité au niveau du dos et à l'épaule le mardi précédant la course.
Le General Manager du MTC, Benoît Halbwachs, Khalid Rawat, Alain Rousset, les entraîneurs Ricky Maingard et Rameshwar Gujadhur, ainsi que deux vétérinaires, à savoir le Dr Christian Bourdet et le Dr Alexandre Espitalier-Noël, ont participé au débat hier.
Deux écoles de pensée se sont affrontées sur la question. La majorité des intervenants a estimé que rendre ces informations publiques va faire plus de mal que de bien aux courses. Ils craignent que ces informations ne soient mal interprétées par le public. Outre les traitements vétérinaires, ils estiment qu'il y a beaucoup d'autres paramètres qui entrent en jeu dans la performance d'un cheval. Il y a le poids, le parcours, l'entraînement, la performance du jockey et les aptitudes du cheval. "L'infiltration n'est pas le coup d'aiguille magique qui va faire gagner le cheval", a même déclaré l'un des intervenants.
Ceux qui ne sont pas favorables à ce que les traitements soient rendus publics invitent les turfistes à faire confiance aux entraîneurs, aux compétences des vétérinaires et surtout au service du contrôle antidopage du MTC. Les traitements administrés aux chevaux les mardis précédant la journée de courses se font, insistent des dirigeants du Club, selon des règles bien établies et tous les chevaux sont clear lorsqu'ils sont alignés en course.
Le Racing Manager du MTC, Khalid Rawat, a expliqué que dans aucun pays au monde, les traitements vétérinaires prodigués aux chevaux ne sont rendus publics, à l'exception des États-Unis où seulement l'utilisation du Lasix le jour des courses est indiquée sur le programme officiel.
Le General Manager Benoît Halbwachs a, lui, voulu démontrer, chiffres à l'appui, que seuls 20 % des chevaux infiltrés les mardis ont gagné depuis le début de la saison.
Le Chef Chemist du MTC, Bertrand Baudot, a, de son côté, rassuré que tous les chevaux sont "free of any drug" lorsqu'ils se présentent en compétition.
Par ailleurs, les vétérinaires ont tenu à souligner qu'ils n'agissent que sur recommandations des entraîneurs. Certains traitements - par exemple ceux administrés au niveau des boulets - se font généralement sur une période de deux mois et il n'est donc pas nécessaire de soumettre un cheval à un traitement semblable à chacune de ses sorties. Ils ont également ajouté que ces traitements aident les chevaux qui connaissent des problèmes d'usure. Mais ils ne font pas gagner les chevaux.
L'entraîneur Rameshwar Gujadhur qui avait, la semaine dernière, rendu publics les soins accordés à ses chevaux participant à la 6e journée, a défendu bec et ongles les intérêts du public.
Les membres de la presse ont, de leur côté, insisté pour que toutes les informations relatives aux soins vétérinaires soient communiquées au public dans un souci de transparence et afin de l'aider dans ses analyses.

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