Ladji BAMA
1 Juin 2007
Le gouvernement du Burkina Faso s'est réuni jeudi 31 mai 2007, autour du président du Faso, Blaise Compaoré, dans le cadre d'un séminaire au palais de Koulouba à Ouagadougou. Au centre de cette rencontre, le projet de réforme du système éducatif dont il s'agissait pour le gouvernement d'examiner les enjeux et d'envisager un agenda de mise en oeuvre.
A partir de la rentrée scolaire prochaine, la gratuité de l'enseignement de base publique connaîtra un début d'application au Burkina. Le cycle primaire ira désormais de la classe de CP1 à la troisième. Telles sont, entre autres, les innovations contenues dans le projet de réforme du système éducatif qui était au menu d'un séminaire gouvernemental le jeudi 31 mai 2007 au palais présidentiel de Koulouba à Ouagadougou. Selon le ministre des Enseignements secondaire, supérieur et de la Recherche scientifique, le professeur Joseph Paré, il s'agissait pour le gouvernement de prendre connaissance et d'examiner le projet, "en l'occurrence de voir quels sont les enjeux essentiels et comment procéder à sa mise en oeuvre". Selon lui, cette réforme fait de nouvelles propositions en terme d'éducation formelle qui comprend l'enseignement de base, l'enseignement secondaire, l'enseignement supérieur et la formation technique et professionnelle, tout en essayant d'encadrer aussi l'éducation non formelle et l'éducation spécialisée. Contrairement à ce qui se passait jusque-là, le ministre Paré a indiqué que l'enseignement de base commencerait à 6 ans et se terminerait à 16 ans, ce qui correspond grossomodo à l'intervalle de la classe de CP1 à celle de troisième. Aussi, les parents d'élèves pourront, à terme, souffler durant toute cette période de l'éducation de leurs enfants, car il n'auront aucun sou à débourser, la réforme prévoyant la gratuité de cette phase de l'enseignement.
Quant au ministre de l'Enseignement de base, Odile Bonkoungou, elle a situé le bien-fondé de ce séminaire gouvernemental dans la nécessité pour l'exécutif de se pencher sur ce grand dossier qu'est la réforme de l'éducation afin de donner les dernières orientations aux ministres en charge du secteur, en vue d'avancer sereinement dans son adoption. Selon elle, cette réforme a été jugée nécessaire afin de relire la précédente loi d'orientation de l'éducation qui s'avère dépassée de nos jours, au regard de l'évolution du contexte. Cette étape est d'une importance capitale aux yeux de Odile Bonkoungou, en ce sens qu'elle donnera une base juridique solide pour la gestion du système éducatif burkinabè. Tout en ne sous-estimant pas l'appui des partenaires, même si elle la juge en déça des attentes, le ministre de l'Enseignement de base a souligné la nécessité de présenter des dossiers crédibles qui permettront d'obtenir davantage de ressources pour des résultats plus probants. Se prononçant sur le coût financier de cette réforme, Joseph Paré a indiqué que celui-ci était encore à revoir, certains programmes n'étant pas encore pris en compte. Selon lui, même si les partenaires financiers doivent apporter un coup de main, il n'en demeure pas moins que ce projet reste avant tout une affaire de l'Etat burkinabè.
Légendes
1- Selon Joseph Paré, ce projet reste avant tout une affaire de l'Etat burkinabè (Ph. M. Nagabila)
2- Odile Bonkoungou pense que ce projet donnera une base juridique solide à la gestion de l'éducation (Ph. M. Nagabila)
3- Le gouvernement, en dehors de quelques absents, s'est mobilisé pour la cause de l'éducation au Burkina (Ph. M. Nagabila)
4- Le président du Faso (milieu) a dirigé la rencontre (Ph. M. Nagabila)
ENCADRE
Le nouveau Premier ministre ce week-end ?
Au lendemain de la proclamation officielle des résultats des législatives du 6 mai 2007 par le Conseil constitutionnel, les centres d'intérêt des citoyens ont subitement changé. Désormais, les locataires de l'hémicycle pour les 5 années à venir ne font plus l'objet d'aucune curiosité, ceux-ci étant connus de tous. Qui sera le prochain Premier ministre ? Qui partira du gouvernement ? Qui y viendra ? Voilà les questions qui présentent de l'intérêt en ce moment. Et les spéculations vont bon train. Chacun y va de son pronostic. C'est dans cette ambiance que le gouvernement s'est retrouvé dans le cadre d'un séminaire sur le système éducatif le 31 mai dernier. A l'occasion, même si ces questions n'étaient pas à l'ordre du jour, il faut reconnaître que leur ombre a plané sur la rencontre. Malgré l'atmosphère apparente qui semblait bien détendue, dans laquelle Paramanga et ses hommes se sont retrouvés ce matin-là, certaines mines ne respiraient pas la sérénité.
L'échec que connaîtra notre tentative d'arracher quelques mots aux uns et aux autres sur le prochain gouvernement est plus qu'illustratif du caractère tabou du sujet. A trois reprises, la question a rebuté nos interlocuteurs dont les réactions frisaient la crise d'allergie. Dans une telle atmosphère, nous avons compris qu'il était salutaire pour nous de surseoir à l'entreprise. Ah ! pouvoir, quand tu nous tiens ! En tous les cas, chacun sera fixé sur son sort dans les tout prochains jours, et Paramanga en premier. Lui qui devra rendre en principe le tablier avant le 4 juin prochain, l'investiture officielle de la prochaine Assemblée nationale dont il fait désormais partie étant fixée à cette date. Et au président du Faso de décider du reste. Le reconduire ou nommer un autre Premier ministre. Lui seul detient les réponses à toutes les questions posées. En attendant, le Conseil des ministres de ce jour se présente donc comme le dernier pour certains. A ceux-ci, il n'y a pas lieu de rougir car ils n'ont pas démérité.
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