Mehdi Ben Rejeb
1 Juin 2007
«Les maladies cardiovasculaires constituent la première cause de décès en Tunisie avec un taux variant d'une année à une autre entre 27 à 30% d'une année à une autre. L'incidence et la prévalence des cardiopathies ischémiques sont de plus en plus élevées.
Le coût médico-économique des maladies cardio-vasculaires (MCV) augmentent régulièrement pour les ménages et pour l'Etat », a indiqué Dr Habiba Ben Romdhane, lors d'une conférence de presse organisée hier par le laboratoire de médicaments Pfizer, sous l'égide de la Société tunisienne de cardiologie et de chirurgie cardiovasculaire . Le laboratoire de recherche sur l'épidémiologie et la prévention des maladies cardiovasculaires a également contribué à l'organisation.
Les éminents spécialistes qui ont pris part à la conférence ont insisté sur l'intérêt d'une prévention précoce pour venir à bout des maladies cardiovasculaires ou du moins pour en atténuer les conséquences : «un dépistage précoce serait très opportun. Bien des patients ne soupçonnent point qu'ils sont atteints d'une affection de ce type et se retrouvent par la suite confrontés à de mauvaises surprises », fait savoir Dr Khmaies Nagati, président de la Société tunisienne des sciences de la nutrition.
La moitié des MCV en Tunisie survient chez des sujets qui ignorent les risques qu'ils présentent et n'ont pas eu de traitement préventif pour les réduire. Le résultat n'est pas souvent très heureux, quand on apprend que le tiers des accidents cardiaques est mortel en moins d' une heure. C'est pourquoi le traitement préventif est dans la plupart des cas le seul recours thérapeutique.
La médecine préventive cardiovasculaire est pourtant à la pointe de l'innovation. Les progrès dans la prédiction du risque concernent en fait l'imagerie artérielle non invasive, la biologie vasculaire ainsi qu'une plus grande efficacité des médicaments.
Les causes des maladies cardiovasculaires sont variées. Le premier facteur est bien entendu le tabagisme, par ailleurs première cause de mortalité dans le monde. Des facteurs génétiques, des habitudes alimentaires, de comportements et l'environnement sont également à l'origine des maladies cardiovasculaires. «La population tunisienne se trouve aujourd'hui dans une période de transition épidémiologique accélérée, due en grande partie au rythme de vie moderne», explique Dr Nagati.
Lors de cette conférence, les spécialistes se sont ralliés à l'idée que la stratégie adéquate pour faire barrage à ce fléau est d'intégrer les actions dans un plan national prédéfini. L'environnement national y est justement favorable. Notre pays dispose en effet des structures de santé de base nécessaires, d'un personnel qualifié, sans compter l'expérience acquise par les ONG dans le domaine de la santé.
Aussi, il est opportun d'accroître le travail de sensibilisation de la population des jeunes et de céder le pas aux partenariats fructueux.
Par ailleurs, les spécialistes ont appelé à une modification du cadre législatif pour qu'il soit plus conforme à la transition épidémiologique que connaît notre pays. Il faudrait agir précisément sur le mécanisme d'application des lois existantes (notamment celui du tabagisme dans les lieux publics).
La réglementation de la publicité a été par la même occasion mise à l'index, jugée en fait «incitatrice à de mauvaises habitudes alimentaires», selon les spécialistes. Il serait également profitable de revisiter les normes de constructions et d'affectation des espaces verts, routes cyclables et terrains de sport ainsi que celles régissant l'industrie alimentaire .
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