Boubakar SY
7 Juin 2007
Le président ivoirien, Laurent Koudou Gbagbo, vient de signer deux décrets autorisant le redéploiement de l'administration sur l'ensemble du territoire. Deux actes administratifs qui visent à restaurer l'autorité de l'Etat sur le territoire ivoirien et à garantir la libre circulation des biens et des personnes qui vont consolider le processus de paix entamé en Côte d'Ivoire depuis le 4 mars 2007.
En effet, l'impérieuse nécessité de construire la paix et la stabilité, de lutter contre l'insécurité grandissante, le chômage et la pauvreté passait par là, car après la réunification de l'armée nationale, reflet de l'unité et de la cohésion nationales et garante de la stabilité des institutions républicaines, il restait à "activer" lesdites institutions pour accompagner le gouvernement de réconciliation nationale dans son Å"uvre pacificatrice. Les obstacles sur le chemin de la paix ne manquent pas en effet, qui vont de l'insoumission de certaines "poches" de résistance patriotiques (?) au braconnage que certaines bandes armées ont institué à certains endroits du territoire national. Aussi, l'étape cruciale des audiences foraines ne pouvant être effective sans une administration opérationnelle, le "fait du prince" du président Gbagbo apparaît plus qu'opportun. On ne saurait pour autant s'en "gargariser" au regard des menaces sus-indiquées qui ne traduisent cependant pas toute la réalité du terrain. La longue période de crise a en effet réduit l'administration ivoirienne à sa plus simple expression, principalement dans les zones contrôlées jusque-là par les ex-rebelles. Casses et pillages des services publics, mais surtout destruction de certains documents dont principalement les registres d'Etat civil risquent d'hypothéquer la bonne du continuation processus.
C'est dire qu'au-delà des actes, l'esprit de Ouagadougou, qui avait permis de lever les appréhensions et les suspicions entre les deux camps devra prévaloir jusqu'à l'organisation d'élections générales. Dans cette optique, les délits de faciès et de patronyme qui ont entraîné la fracture sociale devront être remises au placard dans le cadre des audiences foraines. On est mémoratif que lesdites avaient échoué dans un premier temps du fait que certains "patriotes" ne voulaient pas entendre parler du recensement "d'apatrides" (sic) La mosaïque des peuples et de cultures qu'est la Côte d'Ivoire ne saurait se complaire plus encore dans cette situation d'inquisition, sauf à vouloir imploser. Le déclic psychologique a été opéré à Ouagadougou qui a insufflé une dynamique nouvelle de dialogue et de paix en Côte d'Ivoire. En attendant le "brasier de la paix" prévu pour ce mois à Yamoussoukro, force est de reconnaître que la paix fait des petits pas en Eburnie.
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