Le Soleil (Dakar)

8 Juin 2007

Sénégal: Mouvement national des enseignants, les inspections fortement impliquées

Afin de rendre opérationnelles les activités déroulées dans le cadre du mouvement national d'affectation du personnel enseignant, des innovations sont apportées cette année.

Des réformes sont entreprises au niveau du ministère de l'Education, notamment dans le cadre du mouvement national d'affectation des enseignants qui enregistre cette année des innovations majeures. Pour Mafakha Touré, Directeur des ressources humaines (Drh) dudit ministère, ces dernières sont opérées dans un souci de transparence, d'équité, de professionnalisme.

Mieux, elles s'inscrivent dans le cadre du Programme décennal de l'éducation et de la formation (Pdef) dont le principe directeur est la déconcentration. C'est pour cela que la réforme qui touche cette année le mouvement national tourne autour de la déconcentration, afin d'impliquer les acteurs locaux et de les responsabiliser au maximum. D'autant qu'il a été constaté ces dernières années que le mouvement national mobilisait près de 70 personnes, et il durait entre 15 et 20 jours. " C'était lourd et coûteux ", déclare le Drh du ministère de l'Education qui indique qu'une telle démarche n'était pas opérationnelle. "

Alors, nous nous sommes dit qu'il est important d'éclater les étapes du mouvement national ", indique-t-il. Sur cette base, trois phases ont été identifiées et elles sont en train d'être exécutées. Et depuis le début de l'année, une circulaire a été envoyée, selon M. Touré, aux inspections d'Académie (IA) et aux Iden (Inspection départementale de l'éducation nationale) pour les informer des changements.

Lors de la première phase ayant duré trois jours, les fiches de vÅ"u qui sont remplies par les concernés sont exploitées au niveau des IA et des Iden. Pour Mafakha Touré, procéder de la sorte, est une occasion pour la Drh du ministère de l'Education d'impliquer les responsables locaux qui connaissent mieux les postulants. Suivant ce principe, toutes les fiches qui sont reçues dans la deuxième étape sont jugées valables. Et toutes les données collectées sont saisies lors d'un atelier résidentiel démarré depuis le 5 juin pour prendre fin le 14 courant.

Cet atelier regroupe des informaticiens, des agents du ministère, des personnels des IA et des représentants de syndicats. Une fois la saisie des données assurée, le classement est fait pour chaque poste et la liste publiée. " L'intérêt est qu'il y ait zéro contestation ", soutient M. Touré qui salue également la démarche rationnelle qui motive les réformes entreprises. En effet, le mouvement national ne va coûter cette année que 25 millions de F Cfa contre 50 à 60 millions les années passées.

Quant à la troisième étape du mouvement national, elle se déroulera du 18 au 22 juin 2007. C'est une assemblée délibérative qui va réunir les inspections d'Académie, la cellule informatique, les directions d'enseignement, la Drh, les syndicats. " Nous serons une cinquantaine et nous allons statuer cas par cas. On délibère et on évalue le mouvement national. Après, on multiplie le document pour le distribuer par la suite ", souligne le Drh du ministère de l'Education.

S'exprimant sur le cas de certains syndicats qui protestent contre ces réformes qui sont en train d'être menées dans le cadre du mouvement national, Mafakha Touré rappelle, qu'au-delà du Pdef qui a le souci de déconcentrer, les syndicalistes avaient aussi exprimé ce souhait. Une affirmation confirmée par Moustapha Thiam, coordonnateur du mouvement national et Ousseynou Sarr de la Fédération indépendante démocratique et unitaire de l'Education et de la formation (Fiduef) joints tous les deux depuis Mbour où se tient présentement la deuxième étape du mouvement national qui consiste à la saisie des données collectées. Pour le syndicalisme Ousseynou Sarr, des demandes avaient effectivement été faites l'année dernière dans le sens de réduire la durée du séjour.

Selon M. Thiam, les syndicats locaux apprécient la démarche entreprise. " Ils ont appris des tâches qu'ils ne connaissaient pas auparavant ", renseigne-t-il. D'ailleurs, " tous les syndicats seront conviés pour participer à la validation du processus ", affirme-t-il.

Mais pour l'heure, Ousseynou Sarr s'abstient de faire une évaluation des activités dans lesquelles les syndicats ont été impliqués. " Nous allons attendre la fin pour évaluer et voir s'il faut pérenniser ou retrouver à l'ancienne formule ", affirme-t-il.

Ads by Google

Copyright © 2007 Le Soleil. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour toute modification, demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica publie environ 2,000 articles par jour provenant de plus de 130 organes de presse et plus de 200 autres institutions et particuliers, représentant une diversité de positions sur tous les sujets. Nous publions aussi bien les informations et opinions de l'opposition que celles du gouvernement et leurs porte-paroles. Les pourvoyeurs d'informations, identifiés sur chaque article, gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. En effet AllAfrica n'a pas le droit de modifier ou de corriger leurs contenus.

Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica. Pour tous vos commentaires ou questions, contactez-nous ici.