Port Louis — Kalipso, la plate-forme, regroupe des pêcheurs, des écologistes, des centres de plongée, des opérateurs de bateaux de plaisance. La plate-forme Kalipso a pour objectif l'abandon de l'Aquatic Business Activities Bill (ABAB). La création de ce groupe a été annoncée hier lors d'un séminaire organisé par le Syndicat des pêcheurs, au centre social Marie Reine de la Paix.
Vassen Kauppaymuthoo, océanographe et conseiller technique du syndicat, a lancé un appel à tous pour se joindre à cette plate-forme. Une pétition circule déjà sous forme écrite et électronique depuis le 26 mai pour l'abandon de l'ABAB.
Ce projet de loi permettra au gouvernement de mettre à la disposition d'individus et d'entreprises des espaces à des fins d'aquaculture. Les opposants au projet émettent cependant plusieurs réserves par rapport à plusieurs aspects et articles de l'ABAB.
Les représentants de diverses parties s'opposant à l'ABAB ont pris la parole lors du séminaire. Ils représentaient des mouvements écologiques, des opérateurs de bateaux de plaisance, des centres de plongée, des opérateurs de pêche au gros ainsi que des pêcheurs locaux.
Les motivations des opposants sont multiples. La première est d'ordre légal. "La mer à Maurice fait partie du domaine public selon l'article 538 de la Constitution. L'État tente de louer quelque chose qui ne lui appartient pas", soutient Vassen Kauppaymuthoo. Il s'inquiète de la légalité de l'ABAB et affirme que l'État n'a pas le droit d'octroyer à bail un "morceau de mer" à des entrepreneurs.
Il avance qu'une surface de 60 000 arpents a été identifiée pour les projets d'aquaculture dans le nord et de 2 500 arpents dans l'Ouest. "Il y a des zones en haute mer et des zones dans le lagon. Avec l'aquaculture, des barrières seront placées dans la mer et on ne pourra plus passer", soutient Vassen Kauppaymuthoo.
Les pêcheurs et opérateurs craignent aussi que l'aquaculture ait un impact écologique négatif qui sera nuisible à l'environnement et à leur profession. Un opérateur de pêche au gros estime par exemple que la population de marlins baissera drastiquement à cause de l'introduction de l'aquaculture à Maurice. "La pêche au gros va disparaître. Avec les élevages, les gros requins vont venir et vont anéantir les poissons et les petits marlins en dehors des enclos", explique Hervé de Baize, un opérateur de pêche au gros de la région du Morne.
Les opposants à l'ABAB émettent de plus des réserves par rapport au fait que ce projet de loi fasse provision pour la création de marinas et l'octroi de zones côtières dans le contexte de projets d'aquaculture.
La plate-forme Kalipso compte utiliser plusieurs moyens pour que ce texte de loi soit abandonné. Au-delà de la pétition, elle compte obtenir l'appui de députés, ainsi que celui d'hommes de loi qui intenteraient une action juridique. Avant tout cependant, la plate-forme veut gagner le support d'un maximum de personnes.
Plusieurs membres de l'auditoire intervenant lors du séminaire ont de plus souligné leurs appréhensions que le projet de loi autorise des activités autres que celles liées à l'aquaculture.
LICENCES
Les propriétaires de bateaux de plaisance en grève
"A notre dernière assemblée générale des "Pleasure Craft Operators", nous avons décidé qu'à partir du 15 juin nous cesserions les activités nautiques. Il n'y aura aucune activité à l'île Maurice", a confirmé hier Karl Lamarque, porte-parole des opérateurs des bateaux de plaisance. Il demande aux pêcheurs, aux centres de plongée et aux cases nautiques de se joindre au mouvement. "Je lance un appel pour qu'ils nous rejoignent sur les bateaux que nous allons sortir, mais sans travailler. "

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