Le Potentiel (Kinshasa)

22 Juin 2007

Congo-Kinshasa: Violation des droits de l'homme en RDC

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Le 29 mai 2007, le Tribunal Militaire de Boma, province du Bas-Congo, a prononcé son verdict dans l'affaire des sept membres du mouvement politico-religieux Bundu Dia Kongo (BDK). Ils étaient accusés de «rébellion, participation dans des mouvements d'insurrection, meurtre, association de malfaiteurs et vol». Au bout de chambres foraines tenues à Muanda, deux des co-accusés ont été acquittés ; quatre ont été condamnés à trois ans de prison et les autres à cinq ans d'emprisonnement. Le Tribunal n'a pas pris en compte l'exception d'inconstitutionnalité soulevée par la défense au sujet de l'incompétence ratione personae du Tribunal Militaire.

L'article 156 de la Constitution du 18 février 2006 a clairement circonscrit la compétence ratione personae des juridictions militaires. Celles-ci «connaissent des infractions commises par les membres des Forces armées et de la Police nationale». Les sept membres du BDK avaient été arrêtés à la suite des violents affrontements survenus les 31 janvier et 1er février 2007 entre le BDK et les FARDC/PNC dans différents endroits du Bas-Congo. La défense a fait appel.

Le 14 mai 2007, le procès du massacre de Kilwa a repris au Tribunal militaire du Katanga à Lubumbashi après une suspension de près de quatre mois. L'ancien Commandant de la 62ème Brigade des FARDC et sept autres officiers et officiers subalternes sont accusés de «crimes de guerre, crimes contre l'humanité, détention et arrestations arbitraires, meurtre et pillage» pendant et après l'offensive qu'ils avaient lancée le 14 octobre 2004 contre les membres d'un mouvement sécessionniste qui avait occupé la ville de Kilwa, située dans le territoire de Pweto-350 Km au Nord-Est de Lubumbashi.

Au moins 73 personnes auraient été tuées au cours de ces opérations. Trois expatriés, employés de la Compagnie minière australienne Anvil Mining ont aussi été accusés de complicité dans la perpétration de ces crimes de guerre. La Cour a tenu des audiences foraines dans les villes de Kilwa et Pweto à partir du 23 mai 2007 pour auditionner les victimes.

Le 31 mai 2007, à Mbuji-Mayi, province du Kasaï Oriental, une session extraordinaire de l'Assemblée générale de l'antenne provinciale de l'Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC) a été violemment dispersée par la PNC. De sources crédibles, les journalistes étaient réunis dans un bar de la place dans le but de se prononcer sur le remplacement de leur président, accusé de mauvaise gestion et de complicité avec l'Agence nationale de Renseignements (ANR) et autres autorités locales.

Un groupe de policiers, qui auraient été envoyés par le Gouverneur, ont fait irruption dans la salle et ont brutalement interrompu la réunion enjoignant aux membres de quitter les lieux. Ces derniers n'ont pas obtempéré, estimant que les autorités compétentes avaient été dûment informées de la tenue de cette réunion. Le Commandant de la police a donc ordonné à ses hommes d'expulser les membres de l'UNPC. Dans la confusion qui a suivi, plusieurs journalistes ont été maltraités par la police. Un journaliste a été frappé à la tête et a dû être admis à l'hôpital local. D'autres ont perdu leurs téléphones portables, appareils photos et dictaphones.

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