Tshiala David
22 Juin 2007
Kinshasa — L'année scolaire 2006-2007 touche bientôt à sa fin conformément au calendrier officiel. Viendront ensuite les grandes vacances qui durent deux mois. Celles-ci seront pour certains élèves un temps de repos et pour d'autres - ils sont majoritaires -, un calvaire. Et pour cause.
Depuis la crise économique qui sévit en la République démocratique du Congo, les enfants à l'âge scolaire contribuent énormément à la production de revenu dans leurs familles respectives. Plusieurs se livrent aux activités diverses susceptibles de générer des recettes, notamment la vente à la criée (de l'eau potable en sachet, des pains, des fruits, des oeufs cuits). D'autres, par contre, se livrent aux petits boulots dans les restaurants de fortune, dans les boutiques, etc., où ils négocient un salaire avec les propriétaires, lequel est souvent dérisoire. Ce, pour contribuer au budget de leurs familles respectives et de préparer la prochaine rentrée scolaire.
Un jeune écolier rencontré à Gombe avec son colis de sachet d'eau « pure » raconte : « Mon père est fonctionnaire de l'Etat. Ma mère vend de l'huile de palme au marché, et nous sommes sept enfants, tous scolarisés. Les revenus de ma mère ne suffisent pas, moins encore le salaire de mon père non plus. Je me vois dans l'obligation de vendre l'eau en sachet pour préparer moi-même la prochaine rentrée scolaire ».
Certains enfants vont au village pour des travaux champêtres en vue de ramener des produits agricoles à vendre. Un enseignant contacté à ce sujet note : « Fort de ma longue expérience dans la profession, je constate que le niveau d'études des élèves dans notre pays va baisse d'année en année. L'une des causes est le manque de repos pour les élèves qui partent en vacances, fatigués par les études, et regagnent l'école, fatigués par les travaux du vécu quotidien. Dans de circonstances pareilles, la mémoire ne peut pas fonctionner correctement.» .
La crise économique a dépouillé les élèves de tout leur temps de repos pendant les grandes vacances. Aussi bonne que puisse être la qualité de l'enseignement, celui-ci peut manquer son but, si l'enfant qui est au centre de l'action, n'est pas placé dans des conditions qui lui favorisent un bon apprentissage. Encore faut-il que les autorités du pays, se sentent interpellées pour relever ce défi par l'amélioration des conditions de vie de la population.
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