Ghada Hamrouche
23 Juin 2007
La conférence nationale d'audit organisée par le Front des forces socialistes (FFS) s'est ouverte jeudi à Zéralda, en présence des représentants des différentes structures du parti à travers le territoire national.
Dans son allocution d'ouverture, M. Karim Tabbou, premier secrétaire du parti, a indiqué que cette conférence d'audit national est un jalon décisif qui permettra au parti de renforcer ses liens avec les citoyens et ses amis politiques. Il soulignera que l'audit de cette année «prépare un congrès d'importance exceptionnelle pour le FFS et le pays».
M. Tabbou a insisté sur la nécessité de conserver «la cohésion et l'unité du parti et la clarté de sa ligne» pour pouvoir atteindre «ses objectifs politiques» à travers un nouveau redéploiement. «Notre ambition aujourd'hui est de réoccuper les espaces publics», a-t-il souligné, dénonçant, dans ce sillage, «les pratiques claniques et clientélistes» de certains qui sont «indignes du FFS, de sa vocation démocratique et des ambitions qu'il nourrit pour le pays».
Analysant la situation du pays en ce début d'été, il en qualifiera le climat politique et social de «délétère». Le premier secrétaire du FFS relèvera «une atmosphère de fin de règne dans une certaine classe politique» couplée d'une effarante «course au pouvoir». Jamais, affirmera M. Tabbou, «l'incertitude des lendemains n'a été aussi prenante».
La seconde intervention, celle de M. Mohand Amokrane Cherifi, expert en audit auprès des Nations unies, a été consacrée à un exposé dans lequel il a expliqué l'audit interne d'un parti politique. Il s'agit, selon l'expert onusien, d'un processus d'évaluation des objectifs politiques fixés par le congrès du parti en vue, a-t-il dit, de «cerner les faiblesses et de préconiser les mesures appropriées pour en améliorer les performances». M. Cherifi a également invité l'assistance à ne pas appréhender l'ouverture des débats sur les départs des militants du parti, que ce soit pour constituer de nouvelles formations politiques ou pour dénoncer un dysfonctionnement du parti. M Cherifi évoquera, dans ce sillage, l'absence du président du pays et la nécessité de permettre aux militants de s'exprimer sur cette question.
Il a préconisé, par la même occasion, l'ouverture du parti sur la société civile, soulignant que cette ouverture nécessite la mise en place de «mécanismes et de mode opératoire» pour l'application des décisions et des résolutions du parti. Il a ensuite donné lecture de deux messages adressés à l'audit. Le premier émanant de M. Sadek Hadjres, ancien responsable du PAGS, et le second du président du FFS. Le premier s'est excusé de ne pouvoir assister à l'audit, en le qualifiant «d'initiative inédite à la vie politique algérienne», consacrant un esprit d'ouverture. Il ne manquera pas d'ajouter qu'il n'avait pas assez de recul pour pouvoir percevoir le fond des choses, c'est pourquoi il ne pouvait honorer l'invitation du FFS.
Quant à M. Aït Ahmed, il congratulera «cette bidaa louable» qu'est l'élection des délégués du parti à l'audit. Il rappellera aux présents réunis à Zéralda la nécessité de bien réussir les échéances statutaires qui précèdent le congrès du parti, car, a-t-il souligné, «un congrès ne vaut que ce que vaut sa préparation politique». Il a, en outre, invité les militants du FFS à traduire le message de l'abstention massive du 17 mai par un programme politique pour une rupture radicale pacifique. Les travaux de cette conférence se sont poursuivis hier en ateliers, avant leur clôture par la lecture des rapports et des recommandations de l'audit, à l'issue desquels le premier secrétaire a informé que son parti comptait prendre part aux prochaines élections locales, en insistant sur une participation très forte.
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