Libération (Casablanca)

Maroc: 5 ème festival du court métrage méditerranéen

Mohammed Bakrim

23 Juin 2007


La cinquième édition du court métrage méditerranéen démarre aujourd'hui ; la fête du court se prolonge jusqu'au 30 avec la proclamation du palmarès. Mais l'essentiel/l'essence du festival est plus qu'un rituel de proclamation, c'est une consécration. Tanger, ville qui se nourrit de mémoire et d'horizons, offre cet espace de rencontre du court métrage méditerranéen à l'ombre des mythes antiques où se croisent des images qui captent l'éphémère dans sa fulgurance et l'intensité de son passage.

Le Festival du court métrage méditerranéen de Tanger arrive à sa cinquième étape ; signe éloquent que la rencontre entre une ville et un rêve s'inscrit désormais dans le calendrier des manifestations cinématographiques internationales comme un rendez-vous incontournable, fidèle à ses marques : amitié, convivialité autour des films et pour le cinéma, rien que le cinéma, tout le cinéma.

Il y a d'ailleurs dans la pratique du court métrage une sorte de réduction du cinéma à l'essentiel, à cette trace originelle, le plan. Là où se jouent les choix fondamentaux de l'expression et de la communication. Le cinéma est né court - faut-il sans cesse le rappeler- sans être bref. Ce n'est pas un format, mais une syntaxe qui véhicule un regard sur le monde et qui propose des fragments. Des fragments comme des promesses à tenir.

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ette dimension est consacrée avec la pratique instaurée d'organiser en marge de la compétition officielle et du panorama du court métrage marocain un espace didactique où les cinéastes du court confrontent leur expérience, jeune souvent, à un discours pensé sur le cinéma du court. Cette année c'est autour du cinéaste marocain Moumen Smihi de «parler son cinéma» ; son approche du cinéma autour d'un intitulé très «smihien» : la vie est un court tragique! Cela interviendra au terme d'une semaine chargée d'images de joie, de drame et de tragédie.

La Méditerranée, la mer qui a vu naître la tragédie et la modernité cinématographique avec l'Italien Roberto Rossellini dont le court, La Voix humaine, ouvre le festival; une sorte de leçon inaugurale qui annonce le programme et offre une excellente «bande annoncée» au cours de Smihi. La voix humaine est une contraction extrême sur le double axe du temps, à peine trente minutes, et de l'espace, un huis clos.

Mais aussi une économie dramatique autour d'un personnage unique, central; ce sera alors l'occasion d'une performance de classe de la divine Anna Magnani. On ouvre alors sur un hommage ; un hommage au cinéma tout simplement.

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