Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Colloque international de philosophie, l'enseignement de la discipline passé au crible à Dakar

Le colloque international de philosophie de Dakar s'est tenu à Dakar au centre Lebret. Une occasion pour les professeurs de réfléchir sur les problèmes de l'enseignement de la discipline.

Le programme d'enseignement de philosophie est diversement apprécié en classe de terminale. Selon, le Pr. Abdou Karim Ndoye, directeur de l'enseignement et de la réforme au Rectorat (Ucad), citant une étude, le programme de l'enseignement de la philosophie est jugé trop volumineux pour les élèves des séries littéraires est trop lourd pour ceux des séries scientifiques. En outre, l'incidence de cette discipline sur les résultats du baccalauréat, dit-il est plus négative que positive.

L'autre constat, c'est le peu de place accordée à l'interaction en classe. Les professeurs sont engagés dans une course pour terminer le programme. « Les professeurs sont plus soucieux de terminer le programme, de remplir leur contrat que de répondre aux questions des élèves. Ces derniers deviennent plus des auditeurs que des interlocuteurs », fait remarquer Abdou Karim Ndoye.

Il a aussi soulevé la marge d'autonomie accordée aux enseignants de philosophie dans les lycées et cette propension à inculquer l'esprit critique au détriment de la transmission du savoir. « Il y a une option politique dans l'enseignement de la philosophie. Le professeur s'attache à habituer l'élève à user de sa raison plutôt que de lui transmettre le savoir », indique Abdou Karim Ndoye.

Il fait cas du niveau de formation de vacataires. Le renforcement de leur formation s'impose pour l'amélioration de l'apprentissage de cette discipline au Sénégal. « Le professeur de philosophie n'est pas différent d'un sportif de haut niveau. On ne devient pas professeur de philosophie par simple immersion dans la pratique pédagogique. Il faut de la réflexion, de la douleur, du labeur », note Abdou Karim Ndoye. Pour lui, le défi de la formation pourrait être comblé à distance grâce aux opportunités offertes par les nouvelles techniques de l'information et de la communication.

Il a abordé la problématique d'évaluation des élèves et des étudiants, en insistant sur l'harmonisation des notifications par la fixation des barèmes ou l'institution d'un correcteur collectif. Il a effleuré la réforme de l'évaluation dans le supérieur. « Je demande à mes collègues universitaires de se défaire de l'évaluation par la dissertation. Il est possible de contrôler la connaissance des élèves sans passer par la dissertation. On peut poser un ensemble de questions aux étudiants.

Ce qui leur permettra de répondre aux problèmes soulevés », avance Abdou Karim Ndoye. Il y a aussi la communication du professeur, Nkolo Foe de Yaoundé sur : « l'enseignement de la philosophie en Afrique et le défit pseudo-science.

Ce colloque a vu la participation des grands philosophes africains comme les professeurs, Paulin Jednou Hountondji, Fabien Eboussi-Boulaga, Augustin Kouadio Dibi entre autres. Le professeur Coumba Touré Sangaré du Mali qui a présenté une communication sur « la problématique de l'enseignement de la philosophie au Mali », son collègue du Niger a fait une introduction sur « Une oasis dans un dessert philosophique ». Le professeur Nadia Baccara de l'université de Tuscia-Viterbo de l'Italie a exposé sur « une proposition pour la connaissance entre la philosophie africaine et la philosophie occidentale ».

Au cours de la cérémonie d'ouverture, un hommage mérité a été rendu au fondateur du département de philosophie de l'Ucad, le Pr. Edmond Hortigues. Auparavant, le directeur du Laboratoire et de recherches philosophiques et sociales contemporaines sur l'Afrique et le monde (Esscam), le Pr. Sémou Pathé Guèye, a évoqué le manque de moyens ayant empêché la participation du nombre de plus en plus croisant des philosophes à ce cénacle.

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