Alya
26 Juin 2007
Elle est la dernière arrivée dans cet univers, et ne doute de rien, avec l'inconscience de la jeunesse, et l'assurance de l'innocence.
Sans a priori, sans interdits, Yosr Ben Ammar gère sa galerie Kanvas avec audace, ose des rencontres qu'on aurait pu croire contre nature, mélange les genres, harmonise les styles, et réussit, vaille que vaille, à donner une personnalité à son espace.
Après un an d'exercice, elle fait le bilan, celui de ses réflexions et de ses conclusions, de ses satisfactions et de ses déceptions.
«La galerie a un an. J'ai ouvert avec un grand peintre, Hajeri, et c'est avec lui que je clôture, en l'invitant à rencontrer d'autres artistes sur mes cimaises».
Et c'est probablement cela qu'elle apporte au domaine de l'art : la fraîcheur de ses engouements, la conviction de ses coups de coeur et la volonté de convaincre. «Le marché de l'art est difficile. Les collectionneurs ont du mal àdécouvrir de jeunes artistes, continuent de se laisser séduire par les anciens. Moi, c'est à ces jeunes artistes que je veux faire une place sur mes cimaises et que je souhaite imposer chez mes amis collectionneurs».
Mais les bons artistes ne sont pas très nombreux et très sollicités.
Sont-ils fidèles à une galerie, et peut-on se les attacher ?
«Je représente certains artistes, et j'en invite d'autres, qui travaillent avec une autre galerie, à exposer pour des rencontres de groupe.
Mais je dois le dire, je regrette quelquefois le manque de professionnalisme de certains peintres qui exposent trop et n'importe où, sans aucun discernement. Cela ne peut que nuire à leur cote.
Je respecte, par contre, les artistes qui, liés à une galerie, acceptent d'exposer en groupe chez moi, mais présentent un travail totalement différent. Je respecte aussi ceux qui ont refusé d'exposer en groupe chez moi parce qu'ils préparaient une exposition personnelle ailleurs».
L'expérience de cette première année est positive pour Yosr Ben Ammar, elle le confirme.
Et si elle a récemment bénéficié d'un effet de mode, elle se promet néanmoins de travailler aussi sérieusement qu'elle l'a fait jusqu'à présent, pour que cela continue. Et s' efforce déjà de «placer» ses artistes à l'étranger, dans des collections privées ou publiques, et peut-être plus tard, dans des foires d'art contemporain.
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