La Tribune (Algiers)

Algérie: Faute de viabilisation, les investisseurs étrangers fuient la zone d'activité de Zéralda

Samira Imadalou

27 Juin 2007


«La zone industrielle de Zéralda est dans un état délabré.» Le président du comité de coordination des industriels de cette zone, M. Bessam Salah, a dressé ce constat hier dans une conférence de presse organisée au siège dudit comité au niveau de la zone.

Une zone qui est loin de répondre aux attentes des investisseurs au nombre de 48. «Les conditions de travail sont loin d'être assurées. Le discours est en déphasage avec la réalité», a déclaré d'emblée M. Bessam avant d'aborder les différentes entraves à l'investissement. Cette zone aménagée en 1992 sur une superficie de 12 hectares n'est pas viabilisée. Absence d'accès à l'autoroute, de raccordement au gaz, d'éclairage public, de signalisation, de goudron pour les routes et surtout le problème de l'insécurité (les agressions sont quotidiennes) sont autant d'entraves auxquelles font face les investisseurs de cette région depuis 15 ans. En somme, le climat n'est pas propice aux affaires. Ce qui a d'ailleurs fait fuir des investisseurs étrangers, notamment italiens et espagnols. Ces derniers ont tout laissé derrière eux, abandonnant leurs projets en raison de la non-prise en charge de leurs revendications, selon M. Bessam qui a cité le cas d'un Espagnol qui s'est lancé dans le conditionnement des crevettes et qui a mis la clé sous le paillasson une année après, faute d'accès facile à l'usine. «On ne peut même pas recevoir nos clients étrangers dans cette zone», a relevé M. Bessam.

Et de rappeler les différentes tentatives de règlement de la situation effectuées auprès des autorités locales. «Nous avons saisi à maintes reprises les autorités locales, ne serait-ce que pour respecter le cahier des charges, en vain», a avancé M. Bessam avant d'ajouter : «Nous avons même proposé de prendre en charge 30% des travaux de revêtement et de la voirie évalués à 4 465 000 dinars. Cependant, le problème tarde à être réglé.» Le comité a même sollicité le ministère de l'Industrie à l'époque de Mohamed Khoudri et le wali d'Alger en septembre 2006. Devant cette situation, les investisseurs de la zone qui emploie 4 400 personnes, notamment dans l'emballage, les produits pharmaceutiques et parapharmaceutiques, exigent des solutions urgentes pour booster le développement économique au niveau local et garantir un développement durable à travers la dynamisation de l'économie et l'attraction des investissements étrangers.

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