L'Express de Madagascar (Antananarivo)
Fanja Saholiarisoa
28 Juin 2007
Les étudiants de l'école polytechnique de Vontovorona ont repris leur manifestation hier. Ils ont bloqué la route nationale 1 durant la matinée pour contester le délestage au campus.
La route nationale numéro 1 a été interdite à la circulation hier, durant la matinée. Les étudiants de Vontovorona ont barré le passage pour renforcer leur revendication concernant le délestage.
"Nous ne reculerons pas, tant que le problème de délestage n'est pas résolu". La déclaration des grévistes a été ferme, hier. Durant toute la matinée, des centaines d'étudiants de l'Ecole supérieure polytechnique d'Antananarivo (ESPA) ont barré le passage à Alakamisy Fenoarivo, sur la RN1.
Aucun engin à moteur ni personne n'a pu franchir cet axe. "Une déviation a dû être ouverte dans l'axe Ambohidrazana-Atsinanantsena, pour permettre aux usagers de passer", explique Andriamihajajaona Radanielina, chef de district d'Atsimondrano.
Cette manifestation d'hier faisait suite à celle entamée la semaine dernière, pour démontrer le mécontentement des étudiants face au délestage qui perdure au campus de Vontovorona. "Plus question de rester dans notre coin, car nous souffrons le martyre.
Pas plus tard que le 21 juin, le courant a été coupé cinq fois. Et depuis le début de notre grève, personne n'a levé le petit doigt", se plaint un étudiant, leader du mouvement qui rassemble dorénavant les associations régionales estudiantines et les entités évangéliques de Vontovorona.
Le sit-in a commencé à 9h du matin. "Il était prévu durer trois heures selon l'autorisation qui nous a été octroyée par le maire d'Alakamisy-Fenoarivo et le chef de district d'Atsimondrano", précise un étudiant. "Mais dans la demande
d'autorisation, les grévistes n'ont pas signalé qu'ils allaient barrer la RN1", rétorque Nirilanto Rasoahelinoro, maire de cette commune rurale.
Accrochage évité
Victor Rasolomanana, secrétaire général du service d'intendance des centres universitaires de Vontovorona (Sicu), annonce à l'occasion que des procédures sont en cours pour faire face au problème. "Une enveloppe de
500 millions d'ariary est prévue pour résoudre ce
problème de délestage. Les ministères responsables essaient d'obtenir une dérogation spéciale, actuellement", souligne-t-il.
Même si le sit-in s'est déroulé dans le calme, des éléments de la Force d'intervention de la police (Fip) ont été déplacés sur les lieux, mais se sont arrêtés non loin de la manifestation. L'accrochage a pu être évité, grâce aux pourparlers des manifestants avec une délégation dépêchée sur place vers 12 h 30, composée du commandant du groupement de la gendarmerie nationale, le colonel Violet Clément Ratsironkavana, du chef de district d'Atsimondrano et de quelques représentants du Centre régional des oeuvres universitaires d'Antananarivo (Croua).
Une rencontre avec les responsables ministériels de l'Education nationale et de la recherche scientifique a été prévue hier dans l'après-midi. "Tout dépend de cette rencontre avant que nous n'organisions un sit-in à l'esplanade d'Ankatso ce jour", laisse entendre un étudiant.
Pour le moment le problème reste entier.Les étudiants sont réduits à cuire leurs mets au "fatapera" avec ce que cela suppose de dépenses supplémentaires et surtout de perte de temps. Le plus grave est la réduction des heures de cours à cause du déléstage.
"Il y de quoi s'inquiéter à l'approche des examens", relève un étudiant.
14 000 habitants pris en otage
La manifestation des étudiants de l'ESPA a semé le trouble parmi les 14 000 habitants de la commune rurale d'Alakamisy Fenoarivo. Beaucoup n'ont pu s'adonner à leurs activités régulières, à cause de cette grève.
Même les charrettes n'ont pu passer le barrage érigé par les grévistes.
"Ils ne devront pas prendre les innocents habitants en otages. C'est aux responsables qu'ils devraient s'en prendre", se plaint un homme dans la cinquantaine, qui a supplié les étudiants de ne pas pénaliser les habitants d'Alakamisy Fenoarivo.
Mais il n'a reçu que des huées en retour. Beaucoup de ces habitants veulent à leur tour s'organiser pour protéger leur quotidien.
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