Laurence Caramel
28 Juin 2007
Port Louis — Le secteur aérien s'adapte"GREENER" : plus vert ! Le slogan d'Airbus pour son nouveau long courrier, l'A380, résume bien l'actuel intérêt du secteur aéronautique et celui du transport aérien pour la protection de l'environnement.
C'est un dossier incontournable pour des groupes soucieux de ne pas apparaître comme d'impénitents pollueurs.
Le transport aérien n'est responsable que de 2,5 % des rejets de CO2 dans l'atmosphère, mais la croissance du trafic inquiète ceux qui font une priorité de la lutte contre le réchauffement climatique : 2,1 milliards de passagers ont pris l'avion en 2006, soit 5 % de plus qu'en 2005. Et ce nombre pourrait doubler d'ici à 2020. "Cette tendance laisse craindre que les émissions dues au trafic aérien ne deviennent une source importante de gaz à effet de serre", s'inquiétait récemment la Commission européenne.
Le passager d'un Londres-New York, aller et retour, génère ainsi quasiment autant de CO2 qu'un ménage européen pour chauffer son foyer pendant un an. Bruxelles a calculé que si aucune mesure n'est prise pour contraindre le transport aérien à contrôler ses émissions, un quart des progrès accomplis par les autres secteurs d'ici à 2012 pour atteindre les objectifs du protocole de Kyoto seront annulés.
Or, les avions ne larguent pas que du CO2 dans l'atmosphère. Ils rejettent aussi des oxydes d'azote (NOx) qui, sous l'effet des rayons solaires, génèrent à leur tour des gaz à effet de serre. De même, la vapeur d'eau émise à haute altitude entraîne la formation de traînées de condensation qui contribuent au réchauffement climatique. Au total, le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC) estime que l'impact du secteur aérien est entre deux et quatre fois supérieur à ce qu'indique la seule mesure du CO2.
Conscients de l'enjeu, les constructeurs s'appliquent à "verdir" leur activité. Un objectif qui rejoint celui des transporteurs de réduire une facture énergétique alourdie par l'envolée des prix du pétrole. L'association internationale du transport aérien (IATA) veut ainsi voir se réduire de 25 % la consommation de carburant d'ici à 2020.
De leur côté, les chercheurs sont loin d'avoir trouvé la formule de l'avion propre. L'emploi de matériaux composites allié à une meilleure aérodynamique va certes permettre à de nouveaux engins comme l'A38O ou le Boeing 787 Dreamliner d'économiser près de 20 % de carburant. L'utilisation de biocarburant reste, elle, au stade expérimental et elle se heurte à de fortes contraintes. algues, elle, laisse plus d'espoir : la superficie de la Belgique "suffirait" alors.
En attendant, le renouvellement des flottes avec des avions mieux conçus et plus économes et l'optimisation des trajectoires de vols sont les moyens les plus efficaces pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2007 L'Express. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.