On peut être désolé pour les trois responsables relevés de leurs fonctions respectives par Boni YAYI hier, parce qu'ils sont les produits d'un système, mais on se doit aussi à la fois de regretter la décision du limogeage sur le vif, tout en reconnaissant qu'il s'agit là d'un coup de semonce, une façon de donner un électrochoc au fatalisme et à l'incurie dont l'administration publique béninoise se complait.
Nombreux sont les Béninois qui étaient surpris de la réaction vive du chef de l'Etat, mais qui après mûre réflexion pourraient comprendre qu'il était temps que les cadres, tout autant qu'ils réclament des droits, qu'ils se doivent de considérer que la fonction publique est exigence de rigueur et de qui-vive, surtout aux postes de responsabilité.
Yessoufou Wassi directeur de la transmission et du transport à la Sbee, Célestin Ezin, directeur régional du Littoral 1 à la Sbee, sans nul doute parce qu'ils n'ont pas pu prendre les mesures diligentes pour empêcher que le Chef de l'Etat et des personnalités dans une cérémonie importante, soient privés de courant pendant des minutes. D'une part, il y a dans cet état de fait, une entorse grave à l'autorité que représente le président de la république et aux aspects sécuritaires de sa présence au Palais des Congrès. Cet incident devra désormais inciter l'ensemble du personnel de la Sbee, que la situation de délestage met la société et son personnel dans une situation d'alerte permanente et de vigilance.
Ce qui signifie qu'en tant qu'entreprise de l'Etat, la Sbee se doit de soigner sa clientèle et de mettre en place un véritable comité de vigilance pour veiller à fournir le courant sur les sites prioritaires, tenant compte des besoins des populations, des secteurs vitaux, stratégiques et sécuritaires.
Mme Martine Gomez a été également relevée de ses fonctions de gestionnaire du Palais de Congrès. Il est en effet, impensable qu'un centre de conférence international d'un tel niveau ne soit pas en mesure de pallier toute coupure d'électricité en disposant d'un groupe électrogène fonctionnel. Pourtant, il doit tenir la concurrence, non seulement pour le Bénin qui a besoin d'infrastructures de tourisme de congrès qui tiennent la dragée haute à Abidjan, Dakar, Ouagadougou et Bamako dans la sous région.
Ces villes amassent les sommets, les conférences, les congrès internationaux parce qu'ils disposent d'infrastructures adaptées. Le Bénin émergent doit le prouver dans ce domaine là-aussi, où il faut bannir le laissez-aller local, pour attirer les touristes et les événements . En tout cas, la décision du chef de l'Etat montre tout au moins que « quand le rythme change il faut changer de cadence ». Elle est symbolique puisque ce malheureux incident est intervienu au cours d'une rencontre qui devrait justement se pencher sur la réforme de notre administration publique.
Sous Kérékou, un tel événement a eu lieu au Centre international de conférence, sans sanction. Cette fois-ci, il faut se rendre à l'évidence : c'est bien le changement. Mais il ne suffit pas de punir, car les mêmes causes peuvent produire les mêmes effets. C'est mettre une fin à cette tendance qu'a l'administration béninoise à penser que tous ceux qui sont ses usagers doivent se soumettre à ses caprices, pensant que l'Etat n'a que des droits et non des obligations envers ses usagers.
On a pu constater pendant les délestages que l'administration financière qui avait besoin d'argent à la fin du mois, laissait rentrer les contribuables chez eux parce que le courant était coupé ou le système informatique était bloqué.
Même s'il faut être rigoureux et tatillon au niveau de l'Etat, aucun privé ne se paiera le luxe de retourner chez lui quelqu'un qui vient lui payer. Car on ne sait jamais de quoi sera fait demain ; et puis pour des raisons de sécurité, il vaut toujours mieux trouver un moyen de pallier les pannes de courant ou d'ordinateur en ne laissant pas l'argent dans la nature.
Il faut changer la mentalité dans l'administration et le paraétatique, la mettre en phase avec les exigences de la bonne gestion et de l'esprit de réussite et de performance. C'est dommage pour ceux qui viennent d'être limogés et c'est un avertissement que quand on ne vous donne pas les moyens comme responsable, il faut le faire savoir tout haut, pour que demain, vous ne payez pas l'incurie de tout un système administratif.
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