Libération (Casablanca)

Maroc: Clôture du festival de Tanger, un palmarès et beaucoup de promesses

Rafik Mahmoud

3 Juillet 2007


Le festival du court métrage méditerranéen de Tanger s'est terminé samedi avec la proclamation du palmarès de la cinquième édition dont le jury était présidé par le cinéaste palestinien Michel Khleifi.

C'est un film libanais, La leçon N° 5 de Philippe Skaff, qui a décroché le Grand Prix du festival. Le Prix du jury est allé au film chypriote "Pharmakon" de Ioakim Mylonas. Le réalisateur marocain Mohamed Mouftakir, auteur du film "Fin du mois" a obtenu le Prix du scénario.

Le prix de l'interprétation féminine est allé à l'héroïne du film grec, "La maison aux oliviers" de Thouly Dosios ; le prix d'interprétation masculine est remporté par Milan Pavlovic pour son rôle dans le film "Bonne chance Nedim" de Marco Santic (Slovénie).

Les commentaires à chaud ont salué les choix de Michel Khleifi et son jury. Même ceux qui avaient d'autres options, la sélection étant riche en films de qualité, ont respecté ce palmarès, le film "La leçon N° 5" ayant forcé le respect de tous ; c'est un film bien écrit, méditerranéen dans l'âme, porté par de belles images et un récit atypique.

Le Prix du jury est un clin d'oeil au cinéma de recherche esthétique et formelle. Mohamed Mouftakir, récompensé pour son scénario se trouve confirmé comme un de nos auteurs les plus prometteurs. Son film, "Fin du mois" a marqué les esprits par son histoire qui sort des sentiers battus et son casting surprenant avec un Ahmed Jaïdi époustouflant et une Fatéma Zohra Bennacer convaincante notamment dans le très beau plan final.

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La journée du samedi a été marquée également par un moment fort avec "La leçon de cinéma" présentée cette année par le cinéaste marocain Moumen Smihi à partir d'un ensemble d'hypothèses théoriques à partir de l'énoncé programme, "La vie" est un court tragique. Partant de son expérience propre, Moumen Smihi a bâti, durant plus d'une heure, un formidable édifice théorique où son convoquées des références à l'histoire du cinéma, à la tragédie grecque revue par Nietzsche, à la psychanalyse.

Une " présentation " qui s'est imposée par sa haute teneur intellectuelle et par sa forme révélatrice des qualités humaines et pédagogiques du " gosse de Tanger " qui vient de terminer le tournage de son nouveau film. Smihi a construit son discours comme une plaidoirie pour la réhabilitation du court métrage qui un choix d'expression et non de format.Le formidable enthousiasme qui a marqué cette nouvelle édition du festival de Tanger en est une illustration éloquente.

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