Karamo Kouyaté, conseiller municipal à Tamba*
3 Juillet 2007
opinion
Accra, la capitale ghanaéenne, polarise ces jours-ci, l'attention de millions d'Africains.En effet, nos chefs d'Etat y sont en conclave et l'on pense qu'un gouvernement fédéral devrait être la décision majeure des chefs d'Etat.
A dire vrai, jamais sommet de l'UA n'a suscité autant d'espoirs et d'attention. On sait que deux camps s'affrontent, celui de Mouhamar El Khadafi guide de la révolution lybienne, partisan des Etats unis d'Afrique et celui de Thabo Mbeki,président de la république sud africaine qui lui est opposé.
Il faut convenir que ,quarante sept ans après l'accession de la plupart des états africains à la souveraineté internationale, notre continent en soit réduit à ce débat de partisans ou de pourfendeurs d'un gouvernement fédéral ,est triste. Nos dirigeants sont interpellés pour taire leurs querelles futiles pour se mettre au service exclusif des populations dont la paupérisation est sans rapport avec les richesses naturelles dont regorge l'Afrique.
C'est d'autant plus paradoxal que notre continent a vu naître des ressources humaines dans tous les domaines, qui peuvent rivaliser avec leurs collègues des autres continents.
A notre avis, seule la gouvernance pose problème. On se rend compte que ce ne sont pas des idées généreuses qui font défaut chez nous. Malheureusement, on peine à les concrétiser. Et pire, on met rarement les hommes qu'il faut à la place qu'il faut.
Le Sénégal a un rôle précurseur à jouer dans le domaine de l'unité africaine. Avant qu'il n'accède au pouvoir, le président Wade a beaucoup théorisé sur cette question, qui a joué un rôle déterminant dans la conception du Nepad. A l'instar du président Senghor. C'est dire que le Sénégal ne doit pas être à la traîne dans le leadership continental.
Il urge, nous semble-t-il, au-delà de la mise en place du gouvernement fédéral de se pencher sur la lancinante question des infrastructures. D'abord au plan micro, c'est à dire de nos pays respectifs. L'Union Africaine devrait pouvoir y aider. L'exemple de la route nationale N° 1 Kaolack-Tamba en piteux état est assez parlant. Sa reconstruction suscite de gros espoirs tout autant que celle de la plupart des routes africaines eu égard au caractère stratégique de ces voies de communication pour les échanges économiques et les déplacements de personnes.
Elle devrait faciliter l'intégration de la sous-région. Tout comme un aéroport international qui devrait être un levier sur lequel notre pays devrait s'appuyer pour faire de Tamba un véritable pôle touristique. Sans compter l'exploitation des mines et des autres richesses à très forte valeur ajoutée que l'Afrique peine à valoriser. Ces enjeux préoccupent davantage les populations au lieu de partage de sinécures.
Des chantiers à forte intensité de main d'oeuvre qui résorberaient le chômage dans nos pays. A la vérité, la mise en valeur des richesses nationales constitue l'un des plus grands défis que nos dirigeants se doivent de relever.
La prise en charge des questions de santé et d'éducation par de grands ensembles nous semble plus viable que l'approche des états pris individuellement.Les différentes politiques individuelles prises dans ces secteurs sociaux vitaux ont fini de montrer leurs limites. Pour sûr, il est plus facile d'obtenir des financements des bailleurs de fonds multilatéraux pour développer ces secteurs sociaux vitaux qu'en s'en prenant individuellement.
La problèmatique des droits de l'homme interpelle aussi ces derniers qui doivent avoir à l'esprit qu'ils n'ont plus de droits à l'erreur. Le monde entier a les yeux rivés sur nous.
D'où la trop grosse responsabilité des participants à ce sommet de l'UA au sein de laquelle rien ne devrait plus être comme avant. Certes, un continent comme l'Europe n'a pas fini d'asseoir ses structures communautaires. Mais depuis l'époque des premiers présidents africains, il nous paraît que les choses marchent trop lentement dans la perspective de l'unité africaine, seul gage d'un lancement durable du développement de l'Afrique devant les défis de la mondialisation. Messieurs le chefs d'Etat, reveillez-moi. L'hibernation a assez duré.L'Afrique a trop souffert du fait de choix peu éclairés de dirigeants en rupture avec les besoins des populations qu'ils sont paradoxalement chargés de servir.
*Adjoint au maire chargé des questions domaniales
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