Le Potentiel (Kinshasa)

Ghana: Pas de résultat spectaculaire

5 Juillet 2007


Kinshasa — La neuvième session de l'Union africaine qui s'est tenue à Accra a vécu. Trois jours durant les chefs d'Etat et de gouvernement des pays d'Afrique se sont penchés sur la situation générale du continent, avec en exergue la mise en place d'un « Gouvernement fédéral » des Etats-Unis d'Afrique. Par voie de conséquence, décider des réformes profondes liées à la Commission africaine.

Il n'y a eu aucun résultat spectaculaire. Les partisans d'un gouvernement fédéral dans l'immédiat, lequel devrait ainsi donner naissance aux Etats-Unis d'Afrique, et ceux qui ont plaidé pour la prudence en privilégiant l'intégration sous-régionale, se sont séparés dos-à-dos. Le dossier a été renvoyé à la prochaine session qui se tiendra à Addis-Abeba.

Même résultat pour le remplacement de l'actuel président de la Commission africaine, le Malien Alpha Oumar Konare. Il demeure en place jusqu'en janvier 2008, si pas plus. Le temps de mûrir encore la réforme.

Cependant, le mérite du sommet de Accra, c'est que les dirigeants africains ont exhumé un « vieux dossier » dans la perspective de faire avancer l'Afrique. Il y a donc lieu de leur reconnaître ce courage politique. Toutefois, devant la « peur de l'inconnu », il fallait s'attendre à la réticence, à cette prudence manifestée par d'autres dirigeants convaincus qu'il ne fallait pas du tout brûler les étapes, mais aller progressivement.

Les uns et les autres n'ont pas tort. Après plus de quarante ans des indépendances africaines, les premiers ont estimé qu'il fallait bousculer les vieilles habitudes pour briser l'immobilisme, tenter une nouvelle aventure politique afin de donner une nouvelle impulsion aux Etats africains. Ils ont voulu provoquer un électro-choc pour susciter d'autres élans de manière à s'inscrire dans la logique de révolutionner les choses.

Mais faut-il en vouloir à cette autre Afrique prudente, préférant s'appuyer sur des légendes africaines pour imiter le caméléon ? Cette autre Afrique a évoqué les conflits armés qui secouent encore l'Afrique, l'inexistence des organisations sous-régionales dynamiques pour consolider l'intégration sous-régionale, le manque de vraies politiques nationales de développement dans plusieurs pays africains. Cette Afrique-là a posé également des problèmes réels et l'on ne doit pas se voiler les faces. Tenez.

Au plan des infrastructures, un Congolais qui se rend à Bujumbura doit mettre 24 heures, en passant par Nairobi, alors que Kinshasa-Bujumbura, en direct, ne demande que trois heures de vol. Faute d'infrastructures appropriées, au plan national respectif, force est de s'imposer ce calvaire. Que dire du Nepad, encore une initiative africaine mort-née ?

L'essentiel consistait à poser le problème. Il importe de maintenir le débat, de le parfaire. Car, dans cet environnement international de plus en plus exigeant, les Africains n' nt plus de choix. Les Etats-Unis d'Afrique sont désormais un objectif à atteindre. Une option à lever, comme le souligne la Déclaration d'Accra.

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