Ben-Clet
5 Juillet 2007
Kinshasa — Coincé entre le Palais du peuple, l'Inspection provinciale de la Police et la cathédrale protestante du centenaire, à Kinshasa, le site ex-Tembe na tembe est au coeur de l'actualité.
D'autant plus qu'au moment où les enfants d'un (feu) oncle du (feu) maréchal du Zaïre en revendiquent la propriété, le gouvernement de la ville de Kinshasa a envoyé des bulldozers raser les constructions y érigées par des tiers, soutenus, eux aussi, par des autorisations délivrées depuis 2004 par les autorités compétentes.
Tembe na tembe rappelle une page sombre des années fastes de la «zaïrianisation», cette arnaque politico-financière qui avait consisté à dépouiller tous les étrangers de leurs commerces, avant de les confier à des courtisans et courtisanes du maréchal, du reste incultes au cube dans les affaires.
A dire vrai, Tembe na tembe, c'était une super grande surface. Mais, excité par l'esprit frimeur et flambeur de nouveau riche, le gérant zaïrois n'a pas su mesure garder. Il a consommé et le beurre, et le lait et la vache. La faillite l'a rattrapé.
Pour sauver cet oncle «désargenté», selon les méchantes langues, le gouvernement Mobutu l'expropria. Et décida, en 1985, de l'indemniser au motif que Tembe na tembe devait laisser la place au tracé d'un boulevard qui joindrait le boulevard Sendwe à l'avenue du 24 novembre. L'alibi était de taille. Mais l'indemnisation, prétend-on aujourd'hui, n'a pas eu lieu. A vérifier.
N'empêche que l'autre portion de la concession jadis destinée au boulevard a accueilli les bâtisseurs de la cathédrale protestante. En réaction, la famille du feu oncle a intenté un procès à la République. Et l'a gagné.
Quand, en 2004, elle se met en tête de (re)disposer du bien de papa, en le vendant à prix d'or, lopin après lopin, aux nouveaux acquéreurs, l'Etat se redresse sur ses béquilles. L'Hôtel de ville suspend, en 2006, tous les travaux de construction sur le site.
La remise en service des bulldozers, hier, pose des interrogations. En quoi la destruction des constructions sur Tembe na tembe est-elle une priorité ? Le site fait-il partie du domaine de l'Etat ? Pourquoi la Ville n'a-t-elle pas priorisé la casse des immeubles anarchiques érigés, eux, depuis 1997 par des hauts cadres militaro-civils AFDL/PPRD sur l'emplacement (contigu à la RTNC) réservé jadis à l'Hôtel de ville et à l'Institut des sciences de l'information ? Les bulldozers menaceront-ils la cathédrale du centenaire voisine ?
Dix centimes virtuels à qui veut bien répondre !
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