La Prospérité (Kinshasa)

Afrique: 9ème conférence des Chefs d'Etat de l'Union africaine (TAEF)

Kinshasa — Pour les journalistes africains, cette rencontre restera mémorable, au regard du traitement exécrable dont ils ont été l'objet, en particulier lors de la cérémonie solennelle d'ouverture. Venus des quatre coins d'Afrique pour couvrir l'événement, ( ils étaient environ 350 ), les hommes des médias ont été empêchés de faire leur travail, malgré les accréditations qui leur avaient été délivrées en bonne et due forme par l'organisation du Sommet.

Confinés dans un chapiteau situé à une centaine de mètres du hall de conférence qui a été pour la circonstance, transformé en un bunker interdit aux journalistes, ceux-ci devaient se contenter de suivre les images retransmises par la télévision ghanéenne, par ailleurs fortement perturbées par des pannes techniques.

Et pourtant, les journalistes avaient de bonnes raisons de croire que ce 9ème sommet augurerait de rapport nouveaux avec les médias. En effet, le Forum des Editeurs Africains en collaboration avec la Commission de l'Union Africaine et le secrétariat du NEPAD avaient inscrit à l'agenda du sommet, un débat entre une sélection de chefs d'Etat et de Gouvernements Africains et quelques grands Editeurs du continent africain. Une première qui portait sur un thème d'une grande importance : La formation de l'image Africaine : Rôles et responsabilités des Leaders politiques et des Editeurs.

Malheureusement, ce qui s'est passé à la cérémonie d'ouverture est venu rappeler que les habitudes ont décidément la vie dure et que les rapports nouveaux entre les responsables politiques et la presse ne sont pas pour demain.

Devant cette situation inédite, les journalistes présents ont immédiatement réagi à travers une déclaration dans laquelle ils ont élevé une protestation contre ce qu'ils considèrent comme un apartheid médiatique. Ils ont en outre entamé une procession jusqu'à la barrière sécuritaire pour y déposer les accréditations, vu qu'elles ne servaient à rien.

Le Forum des responsables des Médias de l'Afrique de l'Ouest (FORMAO) qui est présent à Accra, est solidaire de l'ensemble des journalistes reporters qui ont été empêchés de faire leur travail et qui ont tenu à exprimer leur mécontentement.

Il dénonce l'ostracisme qui frappe de plus en plus les médias dans les rencontres africaines et invite les responsables africains à mettre fin à cette situation sans délai.

Tant que la presse ne prendra pas sa place dans nos sociétés, il n'y aura pas de développement au niveau du continent africain.

Le FORMAO en appelle aux professionnels des médias afin qu'ils oeuvrent au renforcement de leurs organisations seul gage d'un avenir meilleur pour la profession.

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