Faouzia Ababsa
8 Juillet 2007
Le ministre de l'Intérieur marocain a réuni vendredi dernier l'ensemble des responsables des services de sécurité qu'il a mis en alerte maximum pour, selon lui, «menace terroriste».
Il s'agit pour Rabat, éprouvé déjà par plusieurs attentats, notamment dans la capitale économique, de parer à toute éventualité, particulièrement durant la période estivale qui connaît un flux important de touristes nationaux et étrangers. Cette alerte maximum n'est pas fortuite, les autorités marocaines doivent certainement détenir des informations palpables sur des risques d'attentats.
Il faut rappeler que le royaume chérifien a été l'hôte ces dernières semaines de plusieurs hauts responsables européens et américains de la sécurité, justifiant l'imminence de la menace. Il y a à peine une quinzaine de jours, le patron du FBI, Robert Mueller, atterrissait dans la capitale marocaine. D'où la conviction du ministère de l'Intérieur de l'imminence d'attentats dans le pays qui émaneraient, selon l'agence Reuters qui cite des spécialistes du terrorisme, de la branche maghrébine d'Al Qaïda.
Dans un communiqué rendu public, le ministère de l'Intérieur justifie le relèvement du seuil de l'alerte par «l'actuelle menace terroriste avérée contre notre pays sur la base de renseignements fiables». Le patron de la sécurité marocaine a exigé de ses services une mobilisation sans précédent et un redoublement de vigilance, sans pour autant donner plus de précisions sur la nature exacte de la menace. «Les services de sécurité marocains sont préoccupés par ce qui vient de se passer en Grande-Bretagne et les arrestations en Espagne», a indiqué un chercheur marocain cité par l'AFP.
Les hauts responsables américains et marocains, en visite éclair à Rabat, ont rappelé aux autorités du royaume les menaces répétitives d'Al Qaïda contre le Maroc mais aussi contre les pays d'Afrique du Nord, comme l'Algérie. Ils en voulaient pour preuve la vidéo sur laquelle est apparu Ayman El Dhaouahiri qui appelait «au renversement des gouvernements musulmans corrompus».
Il semblerait que les services de sécurité marocains aient mis la main sur l'un des présumés terroristes qui a dû les renseigner sur certains projets de sescompères. Rappelons que le dernier attentat dont a été victime le Maroc remonte à avril dernier, à la veille de celui d'Alger qui a touché le palais du gouvernement et le commissariat de Bab Ezzouar.
Les coups de filet opérés depuis chez notre voisin ont permis le démantèlement de certains réseaux, mais n'ont pas encore touché les réseaux dormants, ceux qui ne sont pas recherchés par la police.
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