Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Les paysans de la région de Thiès dans le désarroi

'N'eût été le fait que le paysans sénégalais a l'habitude de savoir compter sur Dieu, nous passerions tout notre temps à crier'. Ces propos de Cheikh Guèye, président du Cadre régional de concertation des ruraux de Thiès, traduisent bien le désarroi qui habite les paysans de la région de Thiès depuis l'annonce de l'hivernage.

Un hivernage qui a d'ailleurs fini de s'installer dans d'autres régions du pays. Pour Cheikh Guèye, qui est aussi le président de l'Union régionale des coopératives agricoles de Thiès, la présente campagne agricole n'augure rien de bon. Non seulement les semences d'arachide sont de piètre qualité, mais aussi et surtout la quantité distribuée dans les départements de Thiès et de Mbour est très en deçà de ce qu'elle devrait être.

Il en veut pour exemple le cas de la communauté de Ndieyenne Sirah. Dans cette localité, les paysans n'ont reçu que 12 tonnes de semence, selon M. Guèye. Une quantité qui, distribuée, donne 5 kg par carré. Et le président du Crcr de Thiès de se demander ce que peut représenter cette quantité. Pour dire que la relance de la filière arachide dont parle tant l'Etat, ne sera pas pour cette année.

La situation est, selon Cheikh Guèye, pire pour les autres spéculations comme le niébé et le mil. Il s'agit là de semences que l'Etat ne subventionne pas. Par conséquent, bien que disponibles, leurs prix sont trop élevés, donc inaccessibles aux paysans. La seule poche dans la région de Thiès où la quantité de semences paraît suffisante est, si l'on en croit M. Guèye, le département de Tivaouane. Dans cette localité, les semences seraient déjà en place et même décortiquées. Aussi les cultivateurs n'attendent plus que les pluies.

Un autre problème abordé par le président du Crcr est le programme spécial que l'Etat veut mettre en place. Il s'agit de la production du 'diatropha' ou tabanani en wolof qui est une nouvelle option que l'Etat sénégalais envisage pour la production de bio-carburant. Par rapport à cette option, Cheikh Guèye se dira préoccupé du fait qu'à sa connaissance, aucune réunion de coordination n'a été, jusqu'à ce jour, tenue.

Sauf, précisera-t-il, la rencontre qu'ils ont eue, à leur demande, avec l'Ancar et la Direction régionale du développement rural (Drdr) pour préparer un atelier régional d'information et de sensibilisation sur la question. En effet, il estime que les paysans devraient savoir, avant de s'engager, les tenants et aboutissants dudit programme spécial.

C'est-à-dire savoir où trouver les semences, les intrants et tout ce qui est relatif à la production et aux zones de production. Les paysans devraient aussi être édifiés, à son avis, sur les questions post récolte comme la conservation, la transformation mais aussi les débouchés qui s'offrent aux producteurs.

Toutes questions qui devront trouver réponse, dira-t-il, au cours de l'atelier qu'il envisage de tenir avec le superviseur national, Alé Lô, afin que les producteurs puissent être au fait de toutes les informations nécessaires avant de se lancer dans ledit programme spécial.


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