10 Juillet 2007
A l'instar d'autres pays africains, le Burkina Faso n'a pas réussi à faire suffisamment pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). D'où cet appel de l'Action mondiale contre la pauvreté (AMCP-Burkina) aux dirigeants afin qu'ils donnent une impulsion nouvelle aux interventions locales et internationales visant à éradiquer l'extrême pauvreté.
En 2000, 189 gouvernements du monde entier se sont engagés à lutter et à mettre fin à l'extrême pauvreté d'ici à l'an 2015 à travers la réalisation des huit Objectifs du millénaire pour le développement, qui sont les suivants :
1. réduire l'extrême pauvreté et la faim ; 2. assurer l'éducation primaire à tous ; 3. promouvoir l'égalité et l'autonomisation des femmes ; 4. réduire la mortalité infantile ; 5. améliorer la santé maternelle ; 6. combattre le VIH-Sida, le paludisme et d'autres maladies ; 7. assurer un environnement durable ; 8. mettre en place un partenariat mondial pour le développement.
L'année 2007 constitue un tournant décisif, car elle marque le point de mi-parcours convenu par les gouvernements pour la réalisation de ces objectifs. A mi-chemin de ?la date butoir, le constat est que la plupart des pays africains, dont le Burkina Faso, n'ont pas réussi à faire suffisamment de progrès pour atteindre les OMD. En ce qui concerne précisément le Burkina Faso, selon les statistiques, plus de 46% de la population vit en dessous de l'extrême pauvreté avec moins d'un dollar par jour.
Nombreux sont les ménages qui ne peuvent pas s'assurer les trois repas quotidiens. La pauvreté se féminise de jour en jour, et les femmes n'ont pas droit à la terre. L'espérance de vie tourne autour de 45 ans. Le taux de mortalité infantile est de l'ordre de 207 pour 1000 et celui de mortalité maternelle ajusté est de 1000 pour 100 000.
Classé 175e/177 pays, le Burkina Faso dispose de 4 médecins pour 100 000 habitants, et l'accès aux médicaments y est rendu de plus en plus difficile. Certaines maladies comme le Sida, la méningite et le paludisme font de nombreux ravages, et les dépenses publiques de santé, en pourcentage du PIB, sont de l'ordre de 2,8. Le taux de scolarisation au primaire tourne autour de 60%).
En dépit de quelques avancées, l'Afrique n'est en voie d'atteindre aucun des OMD. L'absence d'emploi pour les jeunes, les inégalités liées au genre, la croissance démographique rapide, la corruption, les règles de commerce injustes, la pression climatique, le VIH-Sida et l'insécurité sont autant d'obstacles à la réalisation des OMD sur le continent.
L'Action mondiale contre la pauvreté (AMCP) est convaincue que les gouvernements doivent traduire, de façon urgente, les engagements pris en 2000 et en 2005 à travers des actions concrètes.
Faire pression sur les gouvernements
Selon les rapports des Nations unies, les Objectifs du millénaire pour le développement auraient pu être atteints à mi-parcours, y compris dans certains pays parmi les plus défavorisés, si les engagements qui ont été pris avaient été rapidement honorés par les Etats membres.
Il n'existe pas de solution magique pour atteindre les Objectifs, mais pour y parvenir, tous les pays doivent associer la bonne gouvernance - des politiques économiques efficaces et l'obligation redditionnelle de l'Etat, davantage d'investissements publics dans les domaines de l'éducation, de la santé, de l'agriculture et des infrastructures ; une amélioration de la qualité de l'aide et de l'allégement de la dette et un système commercial favorable au développement.
L'heure est venue de transformer les promesses en progrès véritables. Le « partenariat mondial pour le développement » ne doit plus être un simple slogan accrocheur, mais devenir une réalité, afin que l'on puisse faire face aux problèmes les plus pressants qui se posent à l'heure actuelle dans le domaine du développement, qu'il s'agisse du changement climatique, des échanges commerciaux ou encore de l'aide. En agissant maintenant, nous pouvons encore parvenir à respecter la date butoir de 2015.
En Afrique, les coalitions nationales de l'AMCP lancent un appel commun aux dirigeants du monde entier dans la foulée du 7 juillet (07/07/07) afin qu'ils redoublent leurs efforts dans l'atteinte de ces objectifs et donnent une impulsion nouvelle aux interventions locales et internationales visant à éradiquer l'extrême pauvreté.
Nous devons faire pression sur les gouvernements pour qu'ils prennent des mesures appropriées, en particulier eu égard à l'objectif de réduire de moitié la pauvreté à l'horizon 2015.
Alors que de façon assez surprenante, on nous répète à l'envi que le taux de croissance des économies africaines est passé de 1,8% en 1989 à 5,7% en 2006, les faits nous révèlent que la pauvreté augmente ; ce qui signifie clairement que les populations ne bénéficient pas de cette croissance.
Nous demandons davantage de transparence et de responsabilité de la part de nos dirigeants. Nous soulignons également l'urgence de répondre aux défis émergents, notamment d'atténuer l'impact négatif du changement climatique sur l'Afrique, en raison des répercussions sur la production agricole.
Et pour finir, l'AMCP-Afrique exhorte les gouvernements, qui négocient actuellement les Accords de partenariat économique (APE) avec l'Union européenne (UE), à ne pas les signer en leur état actuel, dans la mesure où les industries et producteurs africains sont forcés de subir une concurrence déloyale des pays riches, qui entraîne la destruction des industries locales et chasse les agriculteurs de leurs terres. A toutes et à tous, nous disons grandement merci.
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