Notre Voie (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Gadji Céliprésident de l'UNARTCI - "Tirons les leçons de la crise et avançons "

Aude Gogoua

11 Juillet 2007


interview

L'Union nationale des artistes de Côte d'Ivoire (UNARTCI) sillonne la Côte d'Ivoire pour parler de paix. Gadji Céli, son président, explique dans cette interview, le bien-fondé de cette tournée dans les zones ex- assiégées.

A la suite des sportifs et de la jeunesse patriotique, l'UNARTCI s'est rendue, avec une forte délégation, à Bouaké, Korhogo, Man et Séguéla. Aujourd'hui, quel est votre sentiment après cette tournée ?

La paix est en marche et est à notre portée parce que les zones se sont ouvertes. Cela fait près de cinq ans que les gens ne sont pas allés dans ces zones-là. Aujourd'hui après les sportifs et la jeunesse patriotique, nous, artistes de Côte d'Ivoire avons décidé d'y aller. Mais déjà après la création de l'union, nous y pensions. A ce moment, il n'y avait pas encore eu le dialogue direct. Nous avions déjà eu l'idée de sillonner la Côte d'Ivoire et d'aller vers nos parents, nos frères et les populations de ces villes pour parler de la paix afin que les Ivoiriens s'entendent. C'est donc un sentiment de fierté qui m'anime. Parce qu'on nous a ouvert les portes, et les bras. On nous a bien accueillis.

Pensez-vous que votre message de paix est passé dans ces zones ?

Avant tout, je dis merci au premier ministre Guillaume Soro qui a donné des instructions afin que notre séjour se déroule dans de bonnes conditions. Je n'oublie pas le colonel-major Bamba Sinima, le CEMA-adjoint des FAFN,Wattao, le ministre Koné Messamba et le Com-Zone de Korhogo, Fofié Kouakou. Tout ce monde, sans oublier le ministre de l'Intégration, Koné Amadou, ont beaucoup joué pour la réussite de cette tournée. Oui, nous avons sincèrement le sentiment que notre message de paix a été bien reçu par les populations et les autorités des zones où nous nous sommes rendus. Nos concerts drainent du monde.

Comment analysez-vous l'action du président de la République, initiateur du «Dialogue direct» dans l'esprit duquel s'inscrit votre caravane?

J'ai toujours eu foi en la bonne vision du président de la République et je pense que la Côte d'Ivoire doit avoir confiance en lui. Parce qu'initier le

"Dialogue direct" n'était pas chose facile. Aujourd'hui, si ce dialogue réussit, c'est toute la Côte d'Ivoire qui va en tirer profit. Le Secrétaire général des Forces nouvelles a vu juste en acceptant la main tendue du président Gbagbo. L'essentiel pour nous, c'est d'aller aux élections. Cependant, il faut que les gens sachent qu'un président ne peut être élu à 100 %. Si le prochain président qu'on va élire a 51%, il faut qu'il soit accepté par tous. Il faut tirer les leçons de cette crise qu'on vient de vivre pour avancer vers le développement. C'est pour cela que nous devons tous préparer cette paix que nous souhaitons pour demain. Par conséquent, il faut que les gens arrêtent de tirer les ficelles à gauche et à droite pour compromettre le travail que nous sommes en train de faire. Car il y a un temps pour faire la guerre et un autre pour faire la paix. L'UNARTCI qui regroupe en son sein toutes les composantes ethniques, religieuses et politiques du pays veut contribuer à sa façon au retour définitif de la paix en Côte d'Ivoire.

Il se dégage un certain esprit de solidarité entre vous les artistes lors de cette caravane ?

Votre remarque est juste. Au niveau de l'UNARTCI, nous avons tendu la main à tous les artistes. Nous sommes vraiment unis. Nous devons donner l'exemple de la solidarité qui existe entre les Ivoiriens. C'est pourquoi, vous voyez parmi nous des artistes qu'on a toujours présentés comme des rivaux. Il y a par exemple Reine Pélagie, Aïcha Koné, Mawa Traoré. A Bouaké et à Korhogo, vous avez même vu Aïcha Koné travailler » sur Mawa Traoré et vice versa. Nous sommes même allés contacter Tiken Jah et Alpha Blondy pour que le public les voie sur la même scène. C'est cet esprit de convivialité et de solidarité que nous voulons communiquer aux autres ivoiriens.

N.V. : Malgré tout, certains artistes hésitent à vous rejoindre...

G.C. : Nous tenons à rassurer nos frères artistes que « Les sillons de la paix » concernent presque toutes les villes du pays. Nous en visiterons au total 17. Donc, ceux qui n'ont pas été du voyage de Bouaké, Korhogo, Man et Séguéla, seront à leur tour invités pour les régions qui restent à visiter. Chacun aura donc l'occasion d'apporter sa contribution au retour de la paix définitive en Côte d'Ivoire et d'adresser aux populations son message de paix.

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