Le Quotidien Mutations (Yaoundé)

Cameroun: Les Ape feraient mûrir la banane

Les producteurs soutiennent que l'ouverture du marché va créer 13.000 emplois et mobiliser 100 milliards d'investissements en sus.

Les producteurs camerounais de la banane regroupés au sein de l'Association bananière du Cameroun (Assobacam) sont unanimes. Pour préserver les 200 milliards d'investissement, les 650 hectares de surfaces cultivées, les 11 000 emplois directs ainsi que les 36.000 emplois induits, le Cameroun a intérêt à signer les accords de partenariat économique (Ape), actuellement en négociation entre les Etats de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) et l'Union européenne (Ue).

Parce que, soutient l'Assobacam, avec la signature de ces accords, " la filière bananière camerounaise pourrait doubler ses superficies, embaucher 13.000 ouvriers supplémentaires, investir 100 milliards supplémentaires, distribuer annuellement 40 milliards de francs Cfa de salaires, exporter plus de 400.000 tonnes de bananes de qualité et devenir, en valeur et en tonnage, le premier produit d'exportation du Cameroun, hors pétrole".

Et pour prendre le sens inverse du processus, le président de l'Assobacam, Patrice O'Quin, par ailleurs directeur général de la Société des plantations de Mbanga (Spm), est convaincu que "si les Ape ne sont pas signés, toutes les entreprises vont fermer". Pour le secrétaire général de cette association, "il ne s'agit pas d'une ouverture sauvage, c'est le réalisme qui commande cette signature".

Joseph Owona Kono indique par ailleurs qu'il n'y a plus de choix à faire. Car en face, il y a la banane dollar, en provenance des pays du groupe des Nations les plus favorisées (Npf), qui constitue une forte menace. Les producteurs camerounais de la banane estiment alors que l'ouverture des frontières est une chance, parce qu'ils font actuellement face à des charges incompressibles liées notamment à l'importation de la plupart des intrants agricoles. Il s'agit du matériel d'irrigation, des vitroplants, des cartons, des gaines, des engrais, des insecticides, des ficelles, des ornières, etc.

En rencontrant les membres de l'Assobacam à son siège de Douala, Peter Thomson, le directeur en charge des négociations Ape à l'Union européenne, a entonné le refrain de l'espoir pour dire que " les Ape constituent une opportunité pour la croissance des entreprises ". " Tout changement porte de craintes, d'où la nécessité de faire une libéralisation progressive ", a-t-il affirmé. La filière de la banane camerounaise qui se bat aujourd'hui pour la signature de ces Ape repose sur trois sociétés reparties en deux pôles. Le pôle privé dans le département du Moungo, province du Littoral, comprend le groupe des Plantations du haut Penja (Php) et la Société des plantations de Mbanga (Spm).

Le pôle public, situé dans le département du Fako, province du Sud-Ouest, est constitué par la Cameroon Development Corporation (Cdc). En termes macro-économiques, la filière représente 6% du secteur primaire. Soit 1,8% du Pib du Cameroun. Les enjeux pour la banane camerounaise et d'autres secteurs de l'économie nationale seront au menu de la réunion ministérielle des pays de l'Afrique centrale et l'Union européenne qui se tient lundi prochain à Yaoundé.


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