Le Potentiel (Kinshasa)

Soudan: La conférence de Tripoli relance les négociations de paix sur le Darfour

Pierre Emangongo

16 Juillet 2007


Kinshasa — Les protagonistes de la crise du Darfour (ouest- soudanais) et les représentants de 18 pays et organisations internationales se réunissent depuis dimanche à Tripoli (Libye) afin de relancer les négociations de paix sur cette province en proie à la violence. La coordination des initiatives diplomatiques s'avère nécessaire en dépit de nouvelles réticences présentées dimanche par le Soudan sur le déploiement de la force hybride au Darfour.

Tripoli, la capitale de la Libye, abrite depuis dimanche une conférence axée sur l'accélération du processus politique afin de rétablir la paix au Darfour, province située à l'Ouest du Soudan. Les représentants de 18 pays et organisations internationales participent à ces assises de deux jours.

L'envoyé spécial de l'Onu, le Suédois Jan Eliasson, et son homologue africain, Salim Ahmed Salim, président cette réunion qui doit marquer la fin de la phase de convergence des initiatives diplomatiques et le début d'un processus de pré-négociations, selon les organisateurs.

« Il est temps de se concentrer sérieusement sur les négociations et d'unifier les mouvements rebelles » en vue de leur implication dans le processus politique, a déclaré M. Eliasson, à l'ouverture de la réunion.

Il a souligné que l'heure était à la discipline et à la coordination des différentes initiatives diplomatique, sous l'égide de l'ONU.

M. Salim a lui fait état d'une «situation catastrophique» au Darfour. «Chaque jour qui passe apporte des souffrances et des destructions au Darfour, mais aussi une radicalisation sur le terrain », a-t-il dit, déplorant une militarisation croissante dans les camps de réfugiés qui « complique la résolution du conflit ».

NOUVELLES RETICENCES

L'émissaire africain a souligné, d'autre part, la nécessité d'impliquer dans les négociations de paix la société civile et les populations du Darfour, qui « se sentent marginalisées».

Le régime soudanais a, selon Reuters, émis des réserves dimanche sur le déploiement dans la région du Darfour d'une force hybride de 26.000 hommes sous commandement de l'Onu et de l'Union africaine(UA).

Après des mois de pourparlers, le Soudan a fini par accepter un projet de résolution de l'Onu autorisant des casques bleus et des soldats de l'UA à intervenir dans la province occidentale soudanaise ravagée par un conflit meurtrier depuis 2003.

« A ce stade de la procédure, nous ne l'acceptons pas, nous émettons des réserves », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ali al Sadig. « Nous sommes engagés dans un processus de négociations avec le Conseil de sécurité des Nations unies. Nous pensons aboutir à une formulation commune ».

Se refusant à fournir les raisons principales de ces nouvelles réticences, Sadig a toutefois précisé que le désaccord ne portait pas sur la taille du contingent susceptible d'être déployé au Darfour, mais sur ses règles d'engagement.

En définitive, le rétablissement de la paix au Soudan dépendra de l'influence de la Chine (alliée du régime Béchir), des Etats-Unis d'Amérique(qui veulent avoir la mainmise le pétrole soudanais) des pays limitrophes du Soudan où les différentes rébellions sont fortement imbriquées.

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