La ville de Brazzaville a vibré du 8 au 14 juillet au rythme des mélodies africaines et de la diaspora, grâce à la sixième édition du Festival Panafricain de Musique (FESPAM). La tradition a été respectée. Des artistes et des spécialistes de la culture, venus de divers horizons, ont rehaussé l'éclat de l'édition qui a rendu un vibrant hommage aux pères des indépendances, ainsi qu'à d'autres figures emblématiques de l'Afrique.
Célébrée sous le thème : «Musiques d'émancipation et mouvements de libération en Afrique et dans la diaspora», cette édition a eu comme marraine la célèbre chanteuse sud-africaine Miriam Makéba, encore appelée la "Maman Africa". La cérémonie de clôture s'est déroulée en présence du couple présidentiel.
Avant que le Premier ministre chargé de la Coordination de l'Action du Gouvernement et des Privatisations, Isidore Mvouba, ne procède à la clôture de l'évènement panafricain, le public, venu très nombreux au stade Félix Eboué, a eu droit à un spectacle riche en couleurs et en sons. C'est l'artiste congolais Marcel Mboungou, évoluant en France, qui a ouvert le bal dans un style gospel. Mac Dios du Gabon a pris le relais avec un style aussi particulier. Il a débuté sa carrière dans les années 60 avant d'intégrer l'orchestre des Forces armées gabonaises (FAG). Actuellement, Mac Dios dispose d'un album faisant rage au niveau des localités situées sur la côte atlantique africaine et intitulé "Tsakidi". Le groupe Rideau Bayonne a présenté une chorégraphie typique accompagnée des rayons laser et des feux d'artifice, agrémentant ainsi la soirée.
Situé à Poto-Poto (3ème arrondissement), le Stade Eboué a été pris d'assaut par les jeunes venus admirer les prestations des stars programmées cette soirée. L'un des meilleurs groupes du Congo- Brazzaville, Extra Musica Zangul, a offert un spectacle de qualité, de même les artistes Roger (Cap Vert), Ferré Gola (RDC) et bien d'autres. Les groupes Alexandrie d'Egypte et TH Musica du Congo-Brazzaville; les artistes Ferré Gola, Meiway (Côte d'Ivoire), Nila (Bénin), Muntu Valdo (Cameroun), Angèle Assélé (Gabon), Marie Missamou (RDC) ; la délégation sud-africaine ; les pygmées de la Likouala (Congo-Brazzaville), ont été primés au cours de cette édition du Fespam. D'autres artistes ont été primés dans le cadre de la décennie du Fespam. Il s'agit de Kely Price (USA), Princess Lover (Martinique), Youssou Ndour (Sénégal), Zao (Congo- Brazzaville), Koffi Olomidé (RDC), Manu Dibango (Cameroun), Brenda Fassie (Afrique du Sud), Oumou Sangaré (Mali), le groupe libyen (Libye), Aïcha Koné (Côte d'Ivoire), Baba Maal (Sénégal), Roga Roga (Congo-Brazzaville), Pembe Shero (Congo-Brazzaville), Werra Son (RDC).
Quelques heures avant la clôture de l'évènement, le commissaire général du Fespam, Dieudonné Moyongo, a animé une conférence de presse au cours de laquelle il a indiqué que cette sixième édition a été une réussite, ajoutant qu'elle a permis d'organiser le Marché de la musique africaine (MUSAF). S'articulant autour de l'exposition-vente des oeuvres phonographiques, vidéographiques et des instruments de musique, le MUSAF n'avait pas été organisé lors de la cinquième édition du FESPAM en 2005. Au sujet de la situation des pygmées qui étaient logés au parc zoologique de Brazzaville, M. Moyongo a précisé que ces derniers n'étaient pas invités par le Fespam. «Les pygmées sont venus sur l'initiative d'une organisation oeuvrant pour leur émancipation. Nous avons été surpris d'apprendre qu'ils étaient logés au parc zoologique. C'est pourquoi nous avons pris l'engagement de les faire partir du zoo pour l'internat du Lycée Technique 1er mai où sont logés d'autres invités», a-t-il renchéri. Ces pygmées seraient arrivés à Brazzaville depuis le 4 juillet dernier. L'Observatoire congolais des droits de l'homme (Ocdh) a publié un communiqué le 12 juillet dans lequel il a dénoncé les mauvaises conditions de logement et de nutrition de ces populations.
Le commissaire général du Fespam a également fait savoir que certains artistes prévus n'ont pas foulé le sol congolais parce qu'ils ont exigé des sommes colossales au Fespam. A titre d'illustration, M. Moyongo a cité la chanteuse malienne Oumou Sangaré qui leur aurait exigé 30.000 euros par spectacle et l'artiste JB Mpiana de la République démocratique du Congo (Rdc), remplacé par son compatriote Werra Son. «Le Fespam n'est pas un endroit où les artistes viendront se faire les poches. C'est plutôt un espace d'échange et de promotion de la culture africaine», a-t-il lancé. Instrument de l'Union Africaine (UA), le Fespam est organisé chaque deux ans à Brazzaville en collaboration avec l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), le Centre international de civilisation bantoue (Ciciba) basé au Gabon et d'autres partenaires.
Pour la sixième édition, le Gouvernement congolais a mobilisé une bagatelle de 3 milliards de francs Cfa. L'Unesco a apporté une contribution financière de 3 millions de francs CFA pour le symposium organisé dans le cadre du côté scientifique de l'évènement.
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