L'Express de Madagascar (Antananarivo)

Madagascar: Explosion de grenades à Toamasina

Stéphane Solofonandrasana

26 Juillet 2007


L'Université de Toamasina est de nouveau secouée par le délestage. La manifestation estudiantine s'est soldée par des jets de grenades et des arrestations.

Atmosphère tendue à Toamasina. Les grenades lacrymogènes explosent à Barikadimy, mardi vers 21 heures, pour disperser les étudiants qui ont barré la Nationale 2 (RN2). Un délestage survenu au campus universitaire serait à l'origine de la manifestation.

D'autres soupçonnent la dissolution de l'Assemblée nationale comme cause de la tension. Outre l'arrestation de quelques étudiants, aucun dégât majeur n'est à déplorer. Aussi, les cours ont repris dans une tranquilité relative, hier dans la matinée.

Vers 19 heures, quelques étudiants procèdent au porte-à-porte, dans le but de mobiliser leurs camarades, afin de contester le délestage dans la cité universitaire. "Les dialogues et négociations sont terminés. Il faut agir autrement pour résoudre le problème du délestage", arguent-ils.

Trente personnes répondent à l'appel, une heure plus tard. Se retrouvant près de la cité Conaco, elles y déterminent la stratégie à adopter, avant de lancer un appel général à coups de sifflet, et suggèrer une coupure générale. Ce qui est exécuté aussitôt après.

Ahuris, des groupes d'étudiants se rallient aux manifestants qui, cette fois, décident de bloquer le passage sur la RN 2 passant près du campus, peu avant 22 heures. Ainsi, des blocs de pierre et une barre de fer sont placés en travers de la route nationale. Des pneus usés et autres combustibles brûlent au milieu de la chaussée.

"Les étudiants se sont joints aux manifestants sans savoir l'objectif exact des meneurs. D'autant plus que la coupure générale favorisait leur participation à ce mouvement", raconte un étudiant. "Bon nombre de manifestants étaient de simples curieux", ajoute-t-il.

Averti, le président de l'Université de Toamasina sollicite l'intervention des forces de l'ordre. Des éléments de la police se rendent sur place avant d'être rejoints par ceux de la gendarmerie et des militaires.

Les jets de pierre et les injures se succèdent, alors que les hommes en treillis commencent à lancer une sommation. "Il y avait de la provocation venant des étudiants", reconnait Gatien Horace, président de l'Université de Toamasina.

Tous les moyens sont utilisés pour disperser les manifestants : tirs en l'air, suivis de jets de grenades lacrymogènes. "Au moins, sept grenades ont explosé dans la nuit", déclare un étudiant qui a suivi de loin l'évènement. De son côté, le président de l'Université avance un autre chiffre : "Quatre grenades ont été lancées".

Néanmoins, le face-à-face se solde par une course-poursuite, dans le noir. Les forces de l'ordre pénètrent dans le campus universitaire pour mettre la main sur les manifestants. Les étudiants trouvent refuge dans leurs chambres, mais six d'entre eux sont appréhendés. Ils seront libérés avant l'aube.

"Je n'ai pourtant pas levé la franchise universitaire, ni ordonné les arrestations", précise Gatien Horace. Le président de l'Université se rend dans le campus vers 23 heures, quelques temps après le retrait des manifestants, afin de solliciter le retour au calme. Il ne se retire que vers 1 heure du matin.

Absent de la capitale betsimisaraka, le chef de région d'Atsinanana, Julien Andriamorasata, n'était pas joignable jusqu'en fin de soirée.

Le problème de courant électrique reste jusqu'ici la bête noire des responsables de l'Université de Toamasina. Le délestage quasi-permanent au campus a provoqué deux manifestations estudiantines à Barikadimy, depuis le début de l'année  universitaire.

Les techniciens affirment que le besoin des habitants du campus ne correspondent plus à la puissance électrique fournie par le matériel installé à l'origine. Ils déplorent une surconsommation d'énergie au niveau des logements.

Be the first to Write a Comment!

Copyright © 2007 L'Express de Madagascar. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.


SELECT
SELECT
Ask Obama a Question