La Presse (Tunis)

Tunisie: Jimmy Cliff à El Jem- Une soirée de feu

Slaheddine Grichi

26 Juillet 2007


Jimmy Cliff, l'héritier légitime de Bob Marley, monsieur reggae. C'est ainsi qu'on qualifie cet artiste d'origine jamaïcaine et de nationalité américaine, qui, bon gré mal gré, et en dépit des années qui défilent, continue à se maintenir parmi les chanteurs top du genre.

Mardi dernier, nous avons compris encore une fois pourquoi. Plus que la voix, au-delà du répertoire et des tubes, et bien plus important que le groupe qui l'accompagne, Cliff a le sens du show et du contact avec le public qu'il sait faire vibrer et avec lequel il établit une véritable communion. Quel plaisir de voir tout l'amphithéâtre d'El Jem suivre, sans débordement aucun, un mouvement qu'il a esquissé ou reprendre en choeur, à sa demande, une partie ou un simple mot d'un refrain!

Une performance de feu à laquelle jeunes et moins jeunes ont adhéré, de bout en bout. Franchement, ils en ont eu pour leur argent et pour leur peine. Car une grande partie du public est venue par train, un spécial et un normal, à une demi-heure d'intervalle, créant une ambiance de fête avant même l'accès à l'enceinte. La preuve que les bons spectacles réussissent toujours et dans n'importe quelles conditions. Que dire lorsque l'organisation est de surcroît inattaquable. Cela nous fait, d'ailleurs, regretter que Night in Tunisiana, cette manifestation qui aurait dû grandir après son succès à Hammamet, se soit limitée à une seule soirée, faute d'adhésion de la fédération de l'hôtellerie, qui n'a pas saisi hélas tout l'intérêt d'une telle initiative et le profit qu'elle ne peut qu'engendrer pour le secteur touristique. Nous sommes certains que ce spectacle, qui a quand même rempli le théâtre d'El Jem, aurait eu un effet tout autre à Carthage ou à Hammamet, dans le sens de promotion du tourisme.

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Mais quelle soirée tout de même! Jimmy Cliff, plus jeune que jamais, nous a gratifiés d'un programme où il n'a pas été avare de ses tubes-référence : «Reggae night», «Acuna matata», «Vietnam», «Babylone» Il a chanté et fait chanter, dansé et fait danser, scandé et fait scander les noms de pays comme la Palestine, l'Irak, le Soudan, l'Afghanistan ou le Pakistan, où la violence d'un côté comme de l'autre continue à détruire et à tuer aveuglément, sans discernement sans raison humainement objective.

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