La guerre est finie. A la suite du président Laurent Gbagbo, les milliers de personnes qui ont pris d'assaut, hier, le stade municipal de Bouaké ont répété cette phrase à plusieurs reprises.
Hier, tout s'est passé comme dans un rêve. Voir les chars de la garde républicaine à Bouaké, voir les militaires des deux camps qui se sont affrontés dans des combats épiques fraterniser, voir l'hélicoptère de l'armée ivoirienne survoler la ville de Bouaké sans que cela ne suscite aucune frayeur, voir les femmes patriotes déferler sur Bouaké, voir les jeunes patriotes chanter à l'unisson avec ceux qui, hier, encore paraissaient être leurs ennemis irréductibles que c'était beau ! Que c'était magnifique ! Que c'était émouvant !
C'était également émouvant de voir le général Philippe Mangou et Soumaïla Bakayoko remettre symboliquement les armes qui ont servi à faire la guerre au Premier ministre Guillaume Soro et au Président Laurent Gbagbo. C'était vraiment beau de voir tout le public du stade municipal de Bouaké chanter à l'unisson les noms du président Gbagbo et de son Premier ministre Guillaume Soro.
Dans la loge officielle, une présence chargée de symbole, celle de Thérèse Houphouet-Boigny, la veuve du premier président ivoirien.
Un diplomate malien voyant ce spectacle surréaliste se dérouler sous ses yeux n'a pas manqué d'avoir ces mots : "Ce moment est vraiment historique".
Pourtant trois personnalités ivoiriennes qui ont occupé de très hautes fonctions en Côte d'Ivoire et au nom de la Côte d'Ivoire n'ont pas jugé bon de s'associer à la joie du peuple. Alassane Dramane Ouattara, président du RDR, ancien Premier ministre, Charles Konan Banny, également ancien Premier ministre, et Henri Konan Bédié, ancien président de la République, ont boudé la cérémonie. Bédié et Ouattara ont préféré y envoyer leurs représentants comme s'il s'était agi d'une banale cérémonie.
La veille, lors d'une interview, le Premier ministre Guillaume Soro n'était pas en mesure de dire clairement si ces deux personnalités, qui étaient pourtant invitées, devaient être présentes. Ce qui revient à dire que Bédié et Ouatara n'ont même pas eu la politesse de dire qu'ils ne seraient pas là. Et la présence d'Henriette Diabaté et de Djédjé Mady ne saurait dédouaner les deux personnalités de leur responsabilité historique.
Quant à Charles Konan Banny qui proclamait partout que sa mission consistait à créer la confiance entre les acteurs politiques ivoiriens, nul ne sait ce qu'il pense de la "Flamme de la paix".
Par cette absence, ces personnalités ont clairement démontré que la paix issue de l'accord politique de Ouagadougou n'est pas de leur goût. On peut aisément les classer dans la catégorie de ceux qui rament à contre-courant de la marche de la nation. Alors, à quoi devra-t-on s'attendre de leur part ? Qu'ils posent des actes de sabotage ? Il appartient désormais au président Gbagbo et son Premier ministre, avec qui il forme désormais le duo de la paix, de demeurer plus vigilants que jamais. Parce que ceux qui ont perpétré l'attentat du 29 juin 2007 n'ont certainement pas abandonné leur projet funeste.

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