Port Louis — Elle a des objectifs bien précis et a les qualités pour les atteindre. Anaelle, qui veut tracer sa propre voie, veut un jour être Premier ministre. Avec un palmarès éloquent, elle a été choisie pour faire partie du 'National Children's Forum".
Un visage d'enfant de 12 ans et des yeux de biche. Mais un intellect d'une personne d'âge mûr qui laisse béat d'admiration. Et déjà une vie bien remplie. Anaëlle Balgobin, 16 ans, en est très consciente. "J'ai fait tellement de choses dans ma vie que j'ai l'impression d'être une adulte."
Présidente du Youth Council, tant au niveau des Plaines-Wilhems qu'au niveau national, elle est chef de l'unité des filles dans sa troupe de scouts. Elle siège également sur le Scout Board qui est l'instance suprême de l'association. Et comme pour en ajouter à son palmarès, elle est aussi la présidente du comité citoyen des jeunes de l'océan Indien où elle travaille en parallèle avec l'United Nations International Children's
Emergency Fund, l'Observatoire des droits de l'enfant de la région de l'océan Indien, la commission de l'océan Indien, et l'Ombudsperson for children. Elle a ainsi été choisie lors d'un atelier contre la violence faite aux enfants, la semaine dernière pour faire partie du noyau du National Children's Forum prévu pour bientôt.
Le but d'Anaelle lors de ce forum est de prôner une tolérance zéro de la violence. "On ne justifie rien avec la violence. La violence ne peut pas être rendue par la violence de la même façon qu'on ne répond pas à une question par une question." La sensibilisation s'adressera à tous, jeunes et moins jeunes. Car, "il faut sensibiliser tout le monde pour qu'à l'avenir, le cycle soit moins violent".
C'est qu'elle dit des paroles sensées la petite Anaelle. Elle nous aura prévenus. "Je n'aime pas rester dans l'ombre. Je vais toujours vers mon idéal. Je n'hésite pas à m'imposer malgré ma petite taille. Je sais que j'ai des capacités, et je veux les mettre en avant. C'est ce qui me donne du punch."
Ambitieuse, confiante et franche, elle nous confie qu'elle vise à devenir Premier ministre de Maurice, certaine d'avoir les capacités pour assumer un tel poste. Et le caractère aussi. "J'ai un tempérament de leader. Il faut toujours que je dirige. Si je n'arrive pas à être à la tête de ce pays, je serai à la tête du Bureau mondial de scoutisme", dit-elle avec tout le sérieux du monde. "Je vais partir faire mes études et revenir pour diriger cette société mauricienne. Je ne sais pas à quel niveau. Mais il y a beaucoup de travail à faire." Sa grande peur : qu'à son retour de ses études - loi, sciences politiques ou chimie - on oublie son parcours.
Cette grande confiance en elle, Anaëlle ne l'a pas toujours eu. Il y a moins de deux ans, elle n'était pas cette jeune fille qui force l'admiration. "J'étais très rebelle. C'est peut-être de là que m'est venue ma force. J'ai dû me dire que je devais montrer aux autres que je valais mieux que cela." Le fait qu'elle soit l'enfant aînée de sa famille a aussi sans doute contribué à ce qu'elle acquiert autant de maturité. Elle a un petit frère de quatre ans et une soeur de 12 ans. De plus, sa maman étant souvent absente du pays pour des besoins professionnels, c'est Anaëlle qui se retrouvait dans la peau d'une petite maman.
Par ailleurs, Anaëlle a un mode de fonctionnement pour chaque situation. Très sérieuse au travail, gracieuse à ses cours de danse en ballet classique dans ses chaussons et tutu, diserte lorsqu'elle s'adresse à une foule, Anaëlle passe bien partout. L'école, en revanche, elle aime moins. "Depuis que je suis jeune, je n'aime pas l'école. C'est la partie de ma vie qui m'amuse le moins. J'aurais aimé être aussi active que dans ma vie sociale, mais je n'en ai pas l'occasion."
Anaëlle est officiellement scout depuis l'âge de dix ans. "Mais on peut dire que je suis scout depuis toujours, car je suivais mon papa." Ainsi, sa première montagne, le Piton de la Petite-Rivière-Noire, elle la grimpe à l'âge de trois ans !
Pour arriver à son niveau, est-ce qu'elle s'est laissé inspirer par quelqu'un ? "Quand j'étais petite, je me rappelai que ma maman disait en voyant Shirin Aumeeruddy-Cziffra 'Cette femme a fait bien de choses !'" Mais elle "n'aime pas être inspirée par des gens. J'aime tracer ma propre voie".
Avec cet emploi du temps chargé, Anaelle a souvent l'impression de passer à côté de beaucoup de choses. "J'ai l'impression de ne pas profiter autant de la vie que mes amis. C'est peut-être parce que j'ai déjà choisi ma voie." Qu'on luisouhaite une vie parsemée de bonheur !

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