Port Louis — "To dan lekip Raddhoa twa. Be la to tousel, mo gagn twa zordi." Ces propos auraient été adressés au constable Belaine Venkatakisnen, de la Criminal Investigation Division (CID) de Curepipe par un des videurs à la soirée David Vendetta, au Kart Loisir, à Petite-Rivière.
Cela juste avant que le policier ne subisse un véritable passage à tabac sous les yeux de sa petite amie et de témoins qui n'ont pas osé s'en mêler. Selon la victime, ses agresseurs étaient au nombre de trois, deux videurs et un inconnu. Deux d'entre eux ont été arrêtés.
Les videurs auraient attiré le policier en civil dans un coin pour le frapper alors qu'il était, selon des témoins, dans l'incapacité de se défendre. A un certain moment, il s'est écroulé. Mais aucune personne présente n'a voulu se mêler à la bagarre, n'en connaissant pas la nature. Le policier, blessé, a été traîné jusque la voiture par sa petite amie.
En chemin, Belaine Venkatakisnen devait téléphoner à son chef, le sergent Appasamy, responsable de la CID de Curepipe, pour le mettre au courant de ce qui s'était passé. On a dû lui faire des points de suture étant donné qu'il avait été blessé aux lèvres. Le jeune policier se remet lentement des coups et du traumatisme résultant de cette agression.
En attendant, Jean-Luc Philippe et Harel Philippe, les deux videurs incriminés, ont été arrêtés, hier, par la CID de Petite-Rivière. Ils sont accusés de voie de faits avec préméditation (Assault with premeditation). Dans les milieux de la police, on parle de règlement de compte. Les deux videurs ont déjà eu une confrontation en mai 2006 avec le constable Venkatakistnen.
Celui-ci faisait partie d'une équipe de la CID de Curepipe "en mission officielle nocturne" à la boîte de nuit Little Buddha. Les deux videurs avaient allégué avoir reçu la visite d'hommes qui voulaient entrer dans la discothèque. Ils s'y étaient opposés et c'est ainsi que des coups de feu auraient été tirés de part et d'autre.
La version officielle de l'équipe de la CID de Curepipe a été donnée par le Premier ministre, Navin Ramgoolam, en réponse à une question de Maya Hanoonanjee. Il en ressort que six officiers de la CID de Curepipe s'étaient rendus à la boîte de nuit Little Buddha pour mettre la main sur deux suspects. Mais les agents de sécurité leur auraient refusé l'accès bien qu'ils aient décliné leur identité. L'équipe de la brigade criminelle avait, semble-t-il, eu des informations selon lesquelles les personnes recherchées se trouveraient dans la discothèque.
Il semblerait que le soir où les hostilités ont éclaté, c'est un des gardiens de sécurité qui aurait tiré un coup de feu en l'air. Et le second à appuyer sur la détente, ce soir-là, aurait été le sergent Appasamy. Il n'y a eu aucun blessé.
La police a des raisons de croire qu'il s'agit d'un cas de vengeance dont le jeune policier aurait subi les conséquences. La déposition des prévenus est attendue. Ils auraient, semble-t-il, d'ores et déjà parlé de bousculade...

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