United Nations (New York)

Afrique: La lutte contre l'excision n'est pas terminée, prévient l'UNFPA

1 Août 2007


Près de 100 millions de filles et de femmes dans le monde ont subi différentes formes de mutilation génitale, et au lieu de disparaître, ces pratiques se médicalisent de plus en plus, s'est inquiété hier le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) lors d'une conférence à Addis-Abeba.

« Même si des progrès considérables ont été faits dans certains pays, des tendances inquiétantes commencent à apparaître, comme la médicalisation de ces mutilations, les parents cherchant à minimiser les effets de l'excision sur la santé de leurs filles », a dénoncé Fama Hane Ba, Directrice de la division Afrique de l'UNFPA, dans un communiqué publié dans la capitale éthiopienne.

Dans son discours d'inauguration de la réunion de plusieurs jours au terme de laquelle une stratégie mondiale d'élimination de cette pratique traditionnelle sera adoptée, Fama Hane Ba a exhorté les gouvernements, les partenaires du développement et les communautés à renouveler leur engagement dans cette lutte.

Benson Morah, le Directeur du Bureau de soutien de l'UNFPA à Addis-Abeba a de son côté souligné que la pratique de l'excision est « profondément ancrée dans certaines de nos cultures et son éradication doit donc intervenir à partir de changements dans ces cultures ».

La prévalence des mutilations génitales varie d'un pays à l'autre mais l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu'entre 100 et 140 millions de femmes ont subi ces pratiques dans 28 pays d'Afrique et au sein de communautés immigrées en Europe, en Australie, au Canada, en Nouvelle-Zélande et aux Etats-Unis.

Il est de plus en plus évident qu'elles sont également présentes en Asie (Inde, Indonésie et Malaisie), ainsi qu'au Moyen-Orient.

Ces pratiques traditionnelles, que l'OMS, l'UNFPA et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) définissent comme « l'ablation partielle ou totale des organes génitaux externes féminins, ou toute autre blessure infligée à ces organes pour des raisons culturelles ou non thérapeutiques », concernent deux à trois millions de filles chaque année.

Le rituel peut prendre différentes formes et entraîner de graves problèmes de santé, de la douleur au traumatisme, à l'infection, à la stérilité ou même à la mort.

En plus de menacer la santé sexuelle et reproductive des femmes et des jeunes filles, l'excision est une violation de leur droit humain à la santé et à l'intégrité corporelle, et a souvent des effets physiques et psychologiques durables.

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