Port Louis — Manque d'infrastructures et climat empêchent le port de travailler. Les retards s'accumulent et les conteneurs sont transbordés dans d'autres ports. Une deuxième réunion entre opérateurs et autorités est prévue aujourd'hui.
Les sept à dix jours d'attente en rade font que des navires se tournent vers d'autres ports de la région pour leurs transbordements.
Le port est victime de son propre succès. Car à cause des problèmes dans d'autres ports de la région, de plus en plus nombreux de navires choisissent Port-Louis pour leurs transbordements.
Mais devant le nombre grandissant de navires et de conteneurs manutentionnés, le port éprouve des difficultés pour faire face à la situation. Il manque d'infrastructures et les conditions climatiques affectent constamment les opérations. Résultat : la congestion persiste. Deux navires, le Safmarine Masadi et le MSC Jeanne, ont brûlé l'escale de Port-Louis et transbordé leurs conteneurs dans d'autres ports en raison du temps d'attente de sept à dix jours en rade avant que ne commencent leurs opérations.
Ces problèmes ont été abordés hier lors d'une réunion sous la présidence de Xavier-Luc Duval, ministre des Communications extérieures.
Dans les milieux des opérateurs on qualifie la réunion avec le ministre Duval de "très positive". On affirme que "des suggestions ont été faites pour essayer de trouver une solution à ces problèmes".
Le ministre Duval n'a pas voulu commenter la teneur de cette réunion : "Cela a été une simple réunion de travail."
Une autre réunion des opérateurs portuaires est prévue pour ce matin avec les responsables de la Mauritius Ports Authority et de la Cargo Handling Corporation.
Car, à hier, pas moins de six navires de la Mediterranean Shipping Company Ltd (MSC), Valerya, Gabriella, Rebecca, Emilia S, Longoni et Maya étaient en attente en tête de rade. Le MSC Valerya est arrivé le 27 juillet et les autres, entre le 29 juillet et hier.
Le navire Safmarine Masadi, qui assure la liaison Afrique du Sud - Port-Louis et les ports de l'Extrême Orient, devait accoster le quai le 3 août. Mais il a choisi de brûler l'escale mauricienne.
Par conséquent, 64 conteneurs destinés à Port-Louis ont été transbordés en Malaisie. Ce n'est que dans dix à 15 jours que ces marchandises arriveront. Là aussi, tout dépend de la disponibilité d'autres navires pour transporter à Port-Louis ces 64 conteneurs.
"Le navire qui assure la liaison Afrique du Sud - Port-Louis et les ports de l'Extrême Orient a choisi de brûler l'escale mauricienne. 64 conteneurs destinés à Port-Louis ont été transbordés en Malaisie."
Le Safmarine Masadi transporte des appareils électroménagers, de la vieille ferraille, du sucre, des barres de fer, des produits surgelés, notamment poisson et viande, en provenance d'Afrique du Sud Une partie des marchandises surgelées est destinée aux Comores. Il devait aussi charger 71 conteneurs, dont 45 conteneurs de thon frigorifié à destination d'Asie.
Mais le plus gros souci pour Maersk, qui gère la ligne Safmarine, est l'accumulation des stocks de conteneurs vides à Port-Louis. Le Masadi devait prendre au moins 600 conteneurs vides à destination d'Asie.
Pour ne pas retarder le Safmarine Masadi, la direction des opérations de Maersk a eu à réajuster ses priorités. Avec pour résultat qu'Olivia a dû prendre à son bord des exportations sur l'Europe aussi bien que des marchandises destinées à Madagascar. A cause de ces problèmes de congestion, le service direct entre Port-Louis et l'Europe n'arrive pas à fonctionner convenablement. Pour preuve, le Wehr Altona, qui a chargé 30 conteneurs de conserves de thon fabriquées par Princes Tuna, à destination d'Europe, est parti le 2 août. Mais ces conteneurs arriveront à destination avec au moins une semaine de retard.
Princes Tuna a aussi une cinquantaine de conteneurs de conserves de thon à charger à bord du MSC Rebecca. Le navire transporte également des matières premières pour des usines de la zone franche, notamment pour l'empaquetage des produits à exporter.
"Le port déploie tous les efforts possibles"
Le MSC Jeanne, qui était attendu hier a eu des instructions du siège de la MSC à Genève pour transborder ses conteneurs à la Réunion. La raison : il n'aurait eu une place à quai pour décharger ses cargaisons que le 14 août.
Le MSC Jeanne transporte 160 conteneurs. Environ 55 sont destinés à Port-Louis. Le reste devait être transbordé ici et acheminé vers d'autres ports de la région. Parmi les marchandises, on note des matières premières pour la zone franche, des articles pour des hôtels qui viennent de compléter leur construction ou rénovation et des denrées alimentaires. Les 160 conteneurs arriveront dans une dizaine de jours à bord du MSC Martina.
"Le nombre de navires qui viennent à Port-Louis augmente, comme le nombre de conteneurs manutentionnés. Le port déploie tous les efforts possibles pour faire face à cette situation", dit Evert Liewes, chief executive officer de Princes Tuna et président de la section Seafood de la Mauritius Export Association. "Mais il faut également s'assurer que les navires arrivent à temps à Port-Louis, que les lignes maritimes qui desservent Port-Louis régulièrement soient assurées d'un quai à un jour fixe afin qu'elles n'arrivent pas en retard dans les ports du Sud-Est asiatique, Singapour, Malaisie ou autre, où elles doivent faire le transbordement pour ne pas rater les connexions avec l'Europe."
Comments Post a comment