SOULEYMANE DIAM SY
7 Août 2007
L'association pour les femmes et la communication alternative (Altercom), en partenariat avec l'Ong Osiwa, organise depuis hier un atelier de formation à l'intention des acteurs et actrices des radios communautaires pendant cinq jours. Cet atelier a pour but de renforcer les capacités d'intervention des communicateurs sur les droits de la femme afin de permettre de mieux prendre en charge dans leurs programmes, des thématiques relatives aux droits de la femme.
L'information et la sensibilisation des acteurs et actrices des radios communautaires sur les questions des droits de la femme et sur l'éthique et la déontologie sont au centre d'un atelier organisé par l'Altercom. Selon la coordonnatrice de la radio communautaire Manoore FM, Oumou kaltoum Sarr, le statut de la femme dans la société doit être amélioré. « Les femmes restent marginalisées et elles sont absentes dans les grandes décisions », a-t-elle déclaré. Ainsi, la coordonnatrice de Manoore FM a indiqué que les acteurs et actrices des radios communautaires doivent jouer un rôle primordial dans le secteur de la communication en vue d'améliorer le statut de la femme dans nos communautés. Elle a, par ailleurs, regretté le fait que « les préoccupations des femmes soient rarement prises en compte par les médias ».
Pour elle, ce sont ces axes « prioritaires » que les radios communautaires doivent se fixer pour la « défense de la femme ». « L'information et la communication sont au coeur de tout développement, dans le partage des connaissances pour faire face à la pauvreté, à l'injustice et à l'exclusion », a ajouté Mme Sarr. Revenant sur le thème, « l'état des lieux des droits de la femme », introduit par la juriste Marianne Coulibaly, qui a indiqué qu'il y a des avancées significatives dans la prise en compte des droits de la femme au Sénégal. Des chiffres à l'appui, la juriste a soutenu que les femmes occupent sous l'alternance des postes qu'elles n'ont jamais occupées depuis l'indépendance. « Il y a dans le gouvernement actuel 11 ministres femmes dont une femme ministre d'Etat. 28 députées sur les 150 à l'Assemblée nationale », a-t-elle dit.
Selon elle, théoriquement le Sénégal connaît une réglementation qui reprend les dispositions internationales, sous-régionales ainsi que celles contenues dans la Constitution « mais, il y a beaucoup à faire ». « Il y a un vide juridique, un décalage qu'il faudrait combler malgré un arsenal juridique important », a déclaré Mme Coulibaly. Pour elle, ces contraintes sont liées à plusieurs facteurs. « Les coutumes, les traditions, les usages et quelques fois la religion ont été des facteurs de blocage des droits de la femme », a-t-elle ajouté. Pour améliorer l'application des droits des femmes, elle a affirmé qu'il faut des « dynamiques alternatives fortes et soutenues qui demandent la coordination des uns et des autres.
Les communicateurs constituent un maillon très importants ». Concernant les stratégies à adopter, elle a indiqué qu'il faut un cadre juridique cohérent, l'application des dispositions juridiques et des actions de vulgarisation dans tout le territoire et dans toutes les langues nationales pour l'élimination de toute forme de discrimination dont les femmes sont victimes dans la société. Elle a demandé pour cela l'appui des artistes, des communicateurs, des islamologues et des chercheurs et cela dans le but de rendre visible la participation des femmes au développement.
Les participants comptent à l'issue de cet atelier, vulgariser les droits de la femme à travers les émissions dans les radios communautaires voire se rendre dans les villages reculés pour sensibiliser leurs soeurs. Coumba Ba, animatrice à la radio Manoore FM, quant à elle, demande aux femmes de « lutter pour obtenir leur place dans la société ». « Les femmes manquent d'information. Elles doivent prendre conscience de leur importance dans la société, s'il le faut, décentraliser la lutte dans les campagnes. Car, il y a des femmes non instruites qui ne connaissent pas leurs droits », a-t-elle conclu. dans le but de rendre visible la participation des femmes au développement.
Les participants comptent à l'issue de cet atelier, vulgariser les droits de la femme à travers les émissions dans les radios communautaires voire se rendre dans les villages reculés pour sensibiliser leurs soeurs. Coumba Ba, animatrice à la radio Manoore FM, quant à elle, demande aux femmes de « lutter pour obtenir leur place dans la société ».
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