10 Août 2007

Cameroun: Augustin Frédéric Kodock - Il sacoche au serpent

A 74 ans, l'actuel Minpladat joue sa survie politique. Et ce n'est pas le premier combat de sa vie.

Il n'a pas eu besoin du verdict, le 07 août 2007, du contentieux électoral relatif au dernier scrutin législatif du 22 juillet dernier, pour se mettre sur ses gardes. L'actuel ministre de la Planification, de la Programmation du développement et de l'Aménagement du territoire (Minpaldat) a, en effet, depuis l'annonce des premières tendances des législatives données par son collègue de l'Administration territoriale et de la Décentralisation, Marafa Hamidou Yaya commencé à déménager ses effets personnels de son cabinet sis à "l'immeuble rose" de Yaoundé. Mais, l'annonce de l'annulation du scrutin dans la circonscription dont il était tête (pour le compte de l'Union des populations du Cameroun -Upc-) de liste lui a redonné donne au même titre que Pierre Kwemo, la tête de liste du Social Democratic Front (Sdf) dans le Haut Nkam, une seconde chance. Du coup, Augustin Frédéric Kodock se remet à croire dur comme fer à la victoire prochaine de son parti.

Selon la loi électorale, le scrutin partiel a lieu soixante jours après l'arrêt de la Cour constitutionnelle. En principe, le corps électoral devrait être convoqué le vendredi 05 octobre prochain. Qu'il en sorte vainqueur ou pas et qu'importe sa sortie prochaine ou non du gouvernement, M. Kodock fidèle à ses options politiques controversés (!), entend démontrer sa fidélité à ses alliés du pouvoir en place. Ne se vante-t-il pas souvent d'avoir sauvé (?) le Cameroun de la guerre civile en 1992? Autant le dire, à l'heure qu'il est, Augustin Frédéric Kodock se démène comme un beau diable pour sauver sa tête et rassurer Monique Atangana, son épouse, qu'il garderont, contre vents et marées les mêmes privilèges et train de vie. Elle qui n'avait eu de cesse de répéter aux journalistes durant la traversée du désert (1997 2002) qu'il était impératif pour son époux de retourner au gouvernement au lieu de jouer aux opposants.

Longévité

Né le 1er Mars 1933 à Mom, dans l'arrondissement de Makak au cÅ"ur du département du Nyong-et-Kellé, en pleine forêt équatoriale de la province du Centre, Augustin Frédéric Kodok de parents (Bayiha) agriculteur et d'une mère ménagère s'est toujours présenté comme une bête politique pétrie d'expérience. C'est en tout cas le profil qu'il inspire aux jeunes à travers son récent ouvrage, "Ne pas oublier pour bâtir demain". Le secrétaire général de l'une des tendances des Upc éclatées (même s'il a toujours souhaité la partie pour le tout), est le premier à s'émouvoir de sa longévité politique et de son parcours comme haut commis de l'Etat dont il fréquente l'arène depuis que Théodore Mayi Matip lui a mis le pied à l'étrier en 1961. Docteur d'Etat en sciences économiques en 1965 et diplômé de l'Ecole nationale d'administration (Ena) de Paris, le jeune écolier de Nkong Ntap, Nkong Ngui (Makak) et Ilanga (Eséka) où il obtient le certificat d'études primaires élémentaires (Cepe), se félicite d'avoir connu un parcours administratif singulier.

Directeur adjoint des Affaires Économiques au ministère de l'Économie et du Plan, il a ensuite été directeur des Relations économiques extérieures à Douala, avant d'occuper la direction de l'Orientation économique. L'homme aime à se présenter comme celui qui a défini "la nouvelle orientation économique du Cameroun en ce qui concerne les relations commerciales. Mais aussi élaboré le premier Plan économique du Cameroun (plan quinquennal). Toujours selon propres dires, il est l'initiateur du décret signé par le président de la République octroyant pour la première fois des licences import export à quelques commerçants camerounais, et un soutien matériel à ceux-ci à hauteur de centaines de millions Fcfa. Augustin Frédéric compte aussi parmi ses faits d'armes, le lancement des bases de l'industrialisation du Cameroun. Mieux que son parcours politique, son itinéraire international est sans conteste des plus éloquents.

Car, détaché par le Cameroun auprès de la Banque africaine de développement (Bad), il est nommé responsable des prêts (Lows officer) puis successivement, sous-directeur chargé de la division économique Afrique du Nord, directeur adjoint chargé de la recherche et de la coopération, conseiller du président de la Bad pour la coopération internationale, vice-président chargé de la coopération internationale et vice-Président chargé des finances. De retour au Cameroun, après avoir dirigé plusieurs entreprises publiques, dont la Camair, il est indifféremment membre de sept équipes gouvernementales. Pour autant, considéré par l'opinion comme l'un des animateurs de l'un des organes de base du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), Augustin Frédéric Kodock passe pour être le promoteur de la philosophie politique du serpent, inspirée à ses dires de l'empereur ottoman de Byzance, Koupruli le Géant. Pour qui, "quand l'on se noie, on s'accroche même à un serpent". Moralité pour moralité: pour "rester dans les affaires,le secrétaire général de l'Upc s'accroche au serpent Rdpc. Une attitude qui, à côté d'autres, comme le port de la sacoche à main dont il ne sépare jamais, font partie d'un ensemble d'attitudes et manies à lui attribuées et que l'on a baptisées "les kodockeries".

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