Le Bénin vit au rythme d'une quinzaine sur la gestion optimale du temps de travail dans l'administration publique. C'est la nouvelle trouvaille du ministère de la réforme administrative et institutionnelle.
Ce mardi 14 août 2007 est décrété journée "Zéro" retard et huit heures de travail. Ce n'est pas le fruit du hasard si l'Etat en arrive à relancer le débat sur la gestion du temps de travail dans l'administration publique. Les retards occasionnent annuellement plus de 70 milliards de Fcfa de perte pour l'Etat.
Une étude menée par le Pnud en 2005 n'a fait que constater la catastrophe. Notre pays serait donc devenu le sanctuaire des paresseux ou des retardataires. Le laxisme ambiant a consumé les bonnes habitudes. Sommes-nous les Africains paresseux dont parlait Lévy Bruhl ou simplement des êtres abonnés au retard et à la paresse ? Le constat est amer. L'administration béninoise gémit sous le poids de la flemmardise collective qui la ronge et la détruit progressivement.
Au retard dommageable, s'ajoute l'absentéisme. Nombreux sont les fonctionnaires qui brillent par leur absence à leur poste. Faute de contrôle rigoureux, la tricherie s'installe et l'Etat floué et abusé continue de payer les salaires à des absents indécrottables. Des travailleurs se muent en parasites qui vivent aux dépends de l'Etat. Les nids de travailleurs escrocs se forment sur toute l'étendue du territoire national et l'Etat financièrement saignant se morfond avec ses manques à gagner.
Alors que certains fonctionnaires nippons passent jusqu'à 14 heures de travail effectif, les huit heures exigées au Bénin apparaissent parfois comme une éternité pour des flemmards de l'administration publique. La recherche du gain facile et l'inconscience professionnelle sont des maux qui plongent nos services publics dans le désastre. Réduire les retards et l'absentéisme jusqu'à tolérance zéro est forcément une noble cause. Cela devrait ouvrir d'énormes opportunités à la Nation béninoise candidate au développement. L'assiduité au travail et le sens aigu de responsabilité sont source d'efficacité.
Mais il est à craindre que la présente quinzaine sur la gestion optimale du temps de travail dans l'administration publique soit un pur folklore si elle n'est pas meublée d'intenses et profonds moments de réflexion. L'administration béninoise tourne au ralenti et se meut dans une performance piteuse par la faute non seulement des corrompus mais aussi des travailleurs de mauvaise foi, retardataires ou absentéistes congénitaux.
Ce mardi 14 août 2007, journée "zéro" retard et huit heures de travail effectif a certainement et malheureusement déjà livré son lot de retardataires et d'absentéistes. Les mauvaises habitudes sont têtues. Mais Boni Yayi a déjà prévenu : "Ceux qui ne vont pas suivre le changement seront écrasés par le changement". Il va falloir en arriver à la méthode forte pour mettre les rebelles au travail. L'avènement d'un Bénin émergent exige une purge des retardataires et des paresseux de l'administration publique.

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