16 Août 2007
La soixantaine une fois passée, trois tasses de café (ou 6 tasses de thé) quotidiennes suffiraient à protéger les fonctions cognitives. Mais, celles de ces dames, seulement. C'est la conclusion d'une nouvelle étude menée par une équipe de l'Institut national de la Santé et de la Recherche médicale (Inserm). Karen Ritchie et ses collègues de Montpellier ont suivi 4 197 femmes et 2 820 hommes de plus de 60 ans pendant 4 ans.
Leur consommation de café ainsi que leurs fonctions cognitives ont été évaluées de façon périodique. Il en ressort que par rapport à des consommatrices plus modérées - une tasse de café par jour - la consommation de trois tasses de café par jour « au minimum » réduirait de... 30% le risque de déclin cognitif. Mais, chez les femmes seulement. Mieux, l'effet protecteur du petit noir augmenterait avec l'âge ! A quatre-vingts ans, les grandes buveuses de café ont ainsi vu leur risque de déclin cognitif réduit de... 70% ! De là à prescrire du café pour protéger la mémoire des patientes âgées, il n'y a qu'un pas que Karen Ritchie... ne franchit pas. « Nous devons approfondir nos recherches pour comprendre comment ce psychostimulant qu'est la caféine agit au niveau cérébral ».
Des agences de voyage sénégalaises viennent de bénéficier d'un séjour au royaume chérifien. A l'initiative de la Royal Air Maroc et du Conseil régional du tourisme de Fès, ce voyage de découverte, appelé « Eductour », a été une véritable immersion dans la Médina Fès al Bali, le coeur vivant de la ville de Fès, la capitale spirituelle et artistique du royaume du Maroc.
CARNET DE ROUTE : Voyage au coeur de Fès, la capitale spirituelle du Maroc
A partir du cimetière des Mérinides, la vue d'ensemble est panoramique et fantastique sur la Médina Fès El Bali, en ce mardi du mois de juin, dans la capitale régionale de Fès - Boulemane. Tôt le matin ou avant le coucher du soleil, une magnifique lumière reflète sur ses innombrables toits et terrasses ses imposants minarets et les tuiles vertes. Dès les premières heures de la matinée, la cité grouille de vie et de bonheur.
Une marée humaine déferle, sans discontinuer, dans les ruelles étroites et tortueuses, aux coupées d'escaliers et aux interminables passages couverts par endroits. Des mulets et des brouettes, chargés de bagages de toutes sortes, se disputent le passage avec les piétons, dans des allers et retours incessants. Notre guide, Boucheta Abderrahmane, explique que « ce sont les seules possibilités de transport ici, du fait de l'exiguïté des rues. »
Ces passages dallés mènent vers des souks, pleins de monde venu s'approvisionner en produits et services divers. Ils conduisent aussi à de minuscules ateliers où des tisserands, des ébénistes et des orfèvres perpétuent un artisanat ancestral. Comme à la tannerie « Chouara », l'une des quatre traditionnelles encore existantes dans la Médina de Fès. Elle est considérée comme la plus grande par sa taille et se compose de nombreuses fosses où sont traitées les peaux. Les tanneurs travaillent dans des alvéoles remplies de produits de couleurs variées. Ils utilisent un certain nombre de produits végétaux comme le tanin, ainsi que la chaux. Cette unité artisanale produit le cuir du mouton, du boeuf et de la chèvre, utilisé sur place par des cordonniers, babouchiers, sacochiers, selliers et d'autres artisans.
A partir des terrasses environnantes, le visiteur peut contempler à loisir le panorama coloré de ces cavités et le spectacle de ces tanneurs d'autrefois. Il peut en faire autant dans les minuscules ateliers et échoppes où la Médina concentre une grande partie des activités économiques de Fès, la seconde ville industrielle du Maroc.
Ces activités relèvent essentiellement des industries d'art. On peut citer comme branche principale de cet artisanat la menuiserie avec sculpture et peinture sur bois, le fer forgé, le cuivre ciselé, l'orfèvrerie, la céramique, le tissage des soieries et la broderie. Tous ces métiers sont exercés, pour la plupart, avec du matériel désuet.
En arpentant « Talâa Kbira », un circuit qui s'étend sur un kilomètre et demi, l'étranger découvre la plus grande artère commerçante de la Médina, et son coeur battant d'activités, de vie et d'animation. Il peut y voir plusieurs « fondouks » : fondouk « Tazi », fondouk « Kaât Smen », fondouk « Aâchiche. » Ce sont des édifices utilisés comme des locaux à usage commercial et artisanal. Selon M. Abderrahmane, ces caravansérails sont la preuve du dynamisme de l'artisanat à Fès et de l'effort d'adaptation de ses ateliers de production.
Ici, les tourneurs de bois et les ateliers de tissage, travaillant généralement à portes ouvertes, invitent les touristes et les passants à admirer le savoir-faire de l'artisan fassi et son habileté manuelle. A en croire notre guide, l'artisanat fait figure de véritable locomotive de l'économie, non seulement à la Médina et à Fès, mais de toute la région. Selon des statistiques, trente mille artisans exercent actuellement à Fès El Bali où « des potiers et céramistes, ainsi que les tanneurs, mémoire vivante d'une technique ancestrale, ont fait la réputation de cette ville. »
Dans ces dédales de la Médina, les odeurs d'épices, d'encens, de grillades se mêlent à celles des peaux tannées, à l'arôme entêtant des parfums orientaux et au goût sucré des pâtisseries. De vieilles bâtisses abritent plusieurs familles. « La Médina, c'est à la fois un lieu d'habitation et de travail pour les populations », indique Boucheta Abderrahmane. On y est au diapason de la modernité, grâce à la pléthore d'antennes paraboliques de télévisions qui trônent sur tous les toits.
Dans la Médina Fès El Bali dont la population est estimée à environ 300.000 individus, des édifices prestigieux, historiques et religieux côtoient de nombreuses maisons bourgeoises et des palais somptueux dissimulés derrière des murs ordinaires. C'est dans cette Médina que se trouve la Mosquée Sidi Ahmed Tijani ; précisément, la mosquée-mausolée qui renferme le tombeau de l'un des grands saints de la ville, Sidi Ahmed, descendant du Prophète et originaire d'Algérie.
L'histoire raconte que, : « chaleureusement accueilli à Fès par le sultan Moulay Sliman (XVIIIe siècle), Tijani profita des conditions favorables pour organiser, consolider et diffuser la Tariqa (confrérie) qui porte son nom, la Tijaniya. Celle-ci se répandit tant au Maghreb qu'en Afrique sub-saharienne. Fès devint ainsi le passage obligatoire des populations de certains pays d'Afrique tels que le Sénégal, le Mali, le Nigeria, qui rendaient visite au tombeau du Cheikh de la Tariqa tijaniya. Ils venaient prier et assister aux réunions de « dikr » dans cette admirable mosquée. Ils y sollicitaient nombreux la Baraka de Sidi Ahmed, avant de continuer leur route vers La Mecque. »
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