Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Travail des enfants - Quand la santé physique et mentale des enfants est menacée

Pape Amadou DIOUF et Cheikh KABA

23 Août 2007


Le Centre d'écoute, d'information et d'orientation pour les enfants en situation difficile a organisé hier un atelier de partage sur les pires formes de travail des enfants.

C'était en présence de la Raddho, du représentant du ministère de la Famille, de différents groupements féminins et des représentants des communes. La promotion du droit de l'enfant a été au menu de la rencontre.

Plus de trois cents millions d'enfants de 5 à 10 ans travaillent dans le monde alors tout enfant ne doit travailler qu'à partir de 15 ans, selon Mme Ngom Safiatou Diop, chef du service départemental de Dakar du ministère de la Famille et de l'Entreprenariat féminin. Les principales causes sont d'ordre économique et social. Sont ainsi évoqués la pauvreté, le manque d'emploi, les problèmes d'éducation, etc. Et cela se reflète non seulement sur l'intelligence des enfants, mais aussi sur leur avenir. En outre, ces enfants travaillent pratiquement sans repos, ce qui est encore plus fatale puisque cela peut se répercuter sur leur santé physique et même mentale. Il s'y ajoute des conséquences fâcheuses comme la prostitution, la pédophilie et surtout la délinquance juvénile.

Le travail est d'autant pénible pour les enfants qu'il demande un effort physique. En effet, ils s'adonnent généralement à des activités comme la mécanique, la maçonnerie, le travail domestique à longueur de journée, même quelquefois la nuit et ils ne mangent jamais à leur faim. Mais, de plus en plus, on les voit s'embarquer à bord de pirogues de fortune pour prendre le large en direction des îles Canaries, en Espagne. 'Beaucoup d'enfants vont en mer sous le prétexte que la majeure partie de leur famille a émigré', nous confie d'ailleurs Mme Ngom.

Cette rencontre partage est organisée par la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (Raddho) en collaboration avec l'Usaid. Qui dit Raddho, dit sensibilisation pour la promotion des droits de l'homme. Et l'organisation panafricaine s'est lancée dans cette lutte contre les pires formes de travail des enfants, à but humanitaire, pour la sauvegarde de l'enfant. Selon son représentant Frédéric Philippe Diouf, 'le projet de lutte contre la traite et les pires formes de travail des enfants exécuté en partenariat avec l'ambassade des Usa en est à sa deuxième phase. La première a consisté en un ensemble d'émissions radiophoniques et des causeries, la seconde n'en est que le prolongement'. L'objectif visé est de sensibiliser les populations sur les problèmes complexes qui sont la traite et les pires formes de travail des enfants afin de faire de chacun et de chacune un acteur de cette lutte pour la sauvegarde des enfants, a-t-il ajouté.

Différentes organisations féminines ont fourni des efforts pour trouver une solution adéquate à ce fléau qui gangrène la société. L'Etat, par le biais du ministère de tutelle, doit mener une politique de sensibilisation vis-à-vis des femmes qui délaissent leurs enfants. Il doit également appliquer les textes et conventions signés.

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