Destination Santé (Nantes)
30 Août 2007
Le cancer du sein est le plus fréquent des cancers chez la femme : une tumeur sur quatre. Et au cours de sa vie, une femme sur neuf risque d'en être atteinte.
C'est également une maladie universelle : dans le monde, plus d'un million de ces cancers sont diagnostiqués chaque année, dont plus de 41 000 en France où 11 632 personnes en sont mortes l'an dernier. Et la tendance n'est pas à la baisse.
Le nombre de cancers du sein est à la hausse en fait, depuis les années 1950. Et ils touchent de plus en plus de jeunes femmes, avant 40 ans. En France leur fréquence a augmenté de 60% en 20 ans, et c'est dire le poids considérable de cette maladie sur la santé publique. La seule solution pour inverser la tendance, c'est le diagnostic précoce combiné à une stratégie thérapeutique efficace.
Comme tous les cancers, le cancer du sein se traduit par la prolifération anormale de cellules elles-mêmes anormales. Dans le cas d'espèce, la tumeur se développe dans la glande mammaire. Et si la maladie touche en majorité les femmes certes, les hommes peuvent également être concernés. Rare avant 30 ans, ce cancer est le plus fréquent entre 60 et 64 ans, mais il menace encore jusqu'à 74 ans. Dans la plupart des cas il se manifeste par une petite boule détectable à partir de 1 cm environ. D'autres signes doivent aussi attirer votre attention : une déformation du sein vers l'intérieur, une rougeur ou un écoulement du mamelon.
N'hésitez pas à vous palper les seins et les aisselles une fois par mois, après les règles. La technique est simple et indolore, renseignez-vous auprès de votre médecin traitant. Et à la moindre anomalie ou en cas de doute même minime, consultez sans tarder. Car comme pour tout cancer, le pronostic dépend en grande partie de la précocité du diagnostic.
Plus ce dernier sera posé tôt, plus grandes seront les chances de guérison. Aujourd'hui, ce diagnostic repose principalement sur la mammographie. Une technique indolore, fiable mais coûteuse si elle est pratiquée en masse. Résultat: si le dépistage de masse s'impose dans les pays développés, beaucoup de pays en développement ne peuvent se permettre un tel luxe. Oui, la mammographie est parfois encore, un luxe
En France heureusement, le Plan Cancer entré en vigueur le 1er janvier 2004 permet à toutes les femmes de 50 à 74 ans, soit près de 8 millions d'entre elles, de bénéficier gratuitement et tous les deux ans d'une mammographie. L'objectif affiché, c'est de réduire de 20% la mortalité par cancer du sein. Nous sommes sur la bonne voie.
La révolution des thérapies cibléesEn 2006 en effet, plus de 2 millions de femmes ont eu recours à ce programme de dépistage organisé. "Ce qui représente 49,3% de la cible" indique l'Institut de Veille sanitaire (InVS). Une proportion qui ne cesse d'augmenter depuis 2003.
Mais bien entendu, le dépistage ne suffit pas pour faire reculer les cancers. Il est indispensable de faire progresser aussi les traitements. Et de ce côté-là, les nouvelles sont encourageantes. Outre la chirurgie, la chimiothérapie a fait des progrès considérables depuis un peu plus de 15 ans. L'introduction au début des années 90 du Taxotère, un médicament qui bloque la multiplication cellulaire, a marqué un premier progrès spectaculaire.
Mais l'arrivée récente des thérapies ciblées présentées au 43ème congrès de l'American Society of Clinical Oncology qui s'est tenu récemment à Chicago, a marqué une nouvelle révolution. Comme leur nom l'indique, elles s'attaquent à des cibles étroites. Ilpeut s'agir des cellules malignes pour les détruire, ou de l'un de leurs sites récepteurs.
Dans ce cas, l'objectif peut être de les amener à se détruire en rétablissant le mécanisme de mort cellulaire, ce que l'on appelle l'apoptose. Ou encore de les affamer en les empêchant de provoquer la formation des vaisseaux sanguins indispensables à leur survie. C'est le contrôle de la néo-angiogénèse. Une autre arme efficace est l'utilisation des anticorps monoclonaux, qui se fixent sur les cellules tumorales et les empêchent de provoquer la formation de métastases.
Aujourd'hui, les traitements reposent généralement sur des combinaisons complexes associant plusieurs de ces armes. Car il est vrai que "si l'on se contente de traiter localement le cancer du sein, on n'obtient guère que 20% de survie à 5 ans à cause des métastases", insiste le Pr Xavier Pivot, du CHU de Besançon. "Or avec des traitements bien conduits, nous obtenons aujourd'hui 80% de guérisons vraies." Autrement dit des guérisons que les médecins sont en mesure de certifier scientifiquement à leurs malades et aussi à leurs assureurs, qui sont comme chacun sait des professionnels très prudents.
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