Port Louis — Une rencontre de la direction de Médine avec les Forces vives de Flic-en-Flac a permis de cerner la complexité du problème de pollution. La direction de l'usine en reconnaît la gravité et promet d'investir dans l'équipement adéquat pour en venir à bout en vue de la roulaison 2008.
La cheminée crache une fumée noirâtre
Réunion animée jeudi dernier à Médine où les membres de l'Association des résidents de la Falaise d'Anna (ARFA), les conseillers du conseil de village, les représentants du ministère et de la Police de l'Environnement et ceux de l'université de Maurice, avaient répondu à l'invitation de la direction de l'établissement sucrier pour une "rencontre d'information et de partage" sur le problème de pollution dans la région". La rencontre faisait suite aux complaintes adressées par l'ARFA au sujet de la persistance d'un problème de pollution causé par les escarbilles provenant du brûlis des cannes mais aussi et surtout par la dispersion dans l'atmosphère de particules microscopiques polluantes.
La grande responsable, comme le reconnaissent les membres de la direction, est la cheminée de l'usine d'où proviennent les poussières noirâtres qui sont une source de désagréments pour les habitants de Flic-en-Flac et les résidents du Morcellement Anna qui subissent directement, en raison de leur proximité avec l'usine, les émanations sans doute toxiques qui sont poussées par le vent vers les régions résidentielles.
Les conséquences, comme l'ont fait ressortir les Forces vives, sont évidemment des inconvénients quotidiens : la poussière s'infiltrant dans tous les coins et recoins des demeures, piscines jonchées d'une couche quasi-permanente de granulés noirâtres dont on n'a pu encore, malgré une étude par des volontaires de l'Université de Maurice, établir les retombées sur la santé. Encore que quelques voix commencent à s'élever pour y voir une corrélation entre certaines affections respiratoires et ces envahissantes poussières.
La direction de Médine explique qu'au début des années 1990, l'établissement a eu pour objectif de faire du Green Cane Harvesting pour éliminer le brûlis de cannes. Un investissement important pour la mécanisation a donné des résultats satisfaisants étant donné que 95 % des champs le sont maintenant et le brûlis stoppé.
Projet pour une centrale thermique
Reste le problème aigu de la cheminée. Jacques Forget, General Manager de Médine, qui avait à ses côtés Jean-François Rault, Factory Manager et Kevin Lennon, responsable de la communication, explique que suite aux représentations faites par l'ARFA, , un investissement de Rs 500 000 a été fait en 2006 pour réduire les poussières, mais il reconnaît que ce n'est pas suffisant.
C'est ce que constatent aussi les Forces vives et elles ont réclamé avec fermeté que la direction prenne des mesures appropriées et dans les plus brefs délais pour en finir avec les dégâts causés par le pollution.
La direction a tenu à préciser que le retard pris pour le traitement des gaz de cheminée est lié au projet de Médine d'implanter depuis l'an 2000 une centrale thermique. Un projet qui ne s'est pas matérialisé en raison des négociations qui sont toujours en cours avec le gouvernement. Mais sur l'insistance des membres présents, elle s'est engagée à investir dans des équipements adéquats au coût de Rs 40 millions pour que "le problème soit significativement résolu pour la roulaison 2008".
A la lumière de cette décision, la réunion s'est terminée, dans une ambiance plus détendue, les Forces vives réunies, souhaitant toutefois que les promesses faites ne s'envolent pas en fumée.
Les particules qui s'infiltrent dans les maisons pendant la coupe.

Comments Post a comment