Kinshasa — Les festivals culturels à Kinshasa disparaissent, furtivement, l'un après l'autre. Où allons-nous ! Inaptitude ou refus. « La volonté y est, mais le moyen manque », tel est le slogan des artistes congolais qui pensent à la mise sur pied d'une grande biennale en République démocratique du Congo.
Deux grands festivals seulement ont eu lieu à Kinshasa cette année. Idem pour l'année dernière. En RDC, pour ce qui est de l'état des lieux des festivals, il ne faut pas rêver. C'est assurément le marasme total. Entre les partenaires qui ne veulent pas soutenir des initiatives culturelles et des spectateurs démissionnaires. Raisonnablement, avancent comme explication certains directeurs de festivals, il n'y a qu'une seule alternative : fermer boutique et changer de métier. Aujourd'hui, les amoureux du 4ème art portent dans leur coeur le deuil des festivals. Il y a quelques années, ces rencontres ont fait rêver beaucoup de jeunes. Aujourd'hui, elles sont en train de vivre leurs derniers moments. Que faut-il faire pour éviter le pire ? C'est facile : « se battre » et concevoir de projet incitatif.
Un groupe d'artistes, par contre, pensent déjà à la mise sur pied d'un réseau d'appui et de recherche de fonds qui serait en même temps un circuit de diffusion des spectacles de qualité. Il est vrai qu'en Afrique centrale les spectacles de théâtre, conte et de danse circulent difficilement et où il est difficile de sortir ces spectacles pour les amener ailleurs ou sur la scène internationale.
Une chose est certaine, il existe certains groupes théâtraux à Kinshasa qui résistent encore, et qui font bien les choses.
CULTIVER NOTRE DIVERSITE CULTURELLE
Les dernières éditions, cette année, des Journées congolaises de théâtre pour et par l'enfance et la jeunesse (JOUCOTEJ) et la Semaine internationale du talent féminin (SITF) sont des preuves concrètes.
Néanmoins, bon nombre des directeurs des festivals soutiennent les argumentations susmentionnées. Par ailleurs, ils comptent, avec l'appui de tous, créer une grande biennale en RDC. Le pays doit revisiter ses cultures pures pour assurer leur pérennité et leur développement. Une biennale, font-ils savoir, est un facteur de la cohésion nationale. La RDC, avec ses 2.345.409 kilomètres carrés, est un véritable carrefour culturel. Il y a des provinces distantes de plus de 2500 km les unes des autres. Des régions totalement différentes avec leurs propres modes de vie, leurs propres formes d'expressions artistiques. Et pourtant, elles font partie d'une même nation. La biennale permet de communier ensemble pour cultiver notre diversité culturelle.
Il existe une véritable économie de la culture à structurer en RDC. Même si cela n'est pas encore bien perçue, il reste certain que la culture est un puissant facteur de stabilité et de paix sociale.

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