Eric Vincent Fomo
5 Septembre 2007
Contrairement aux collèges privés, les établissements publics reçoivent de fortes demandes que les infrastructures ne contiennent pas.
Lycée bilingue de Deido. Il est 9h. Le portail qui sert d'entrée aux enseignants est fermé. " Personne n'entre sans ma permission ". La consigne du proviseur Paul Ebone est claire, et le vigile, Jack, se charge de l'appliquer. De nombreux élèves et parents agglutinés devant ce portail attendent sous une fine pluie le moment propice pour s'infiltrer dans l'enceinte de l'établissement. Histoire certainement de discuter avec Paul Ebone pour une éventuelle inscription ou admission au sein du lycée. " Nous avons 5000 élèves pour 50 salles de classe. Une moyenne de 100 élèves par classe alors que les textes prévoient 60 par classes. C'est très difficile de gérer cet effectif. Nous sommes débordés par le surplus de 2000 élèves. Il y a des classes comme les troisièmes, les terminales D et C et Form 3 chez les anglophones, où on la pression est particulièrement forte", explique Paul Ebone.
Pour lui, la pléthore d'effectifs trouve son origine dans le fait que le lycée bilingue de Deido est situé en plein centre urbain. Or, la population est sans cesse en croissance, ce qui augmente la demande. Et le chef d'établissement ne peut chasser les parents qui disent n'avoir pas assez de moyens pour inscrire leurs enfants dans les collèges privés. " Cette pléthore d'effectifs cause des problèmes tant dans la transmission du savoir que dans l'évaluation ", précise Paul Ebone.
Au lycée bilingue du Génie militaire, le proviseur Pascal Bias explique qu'il fait aussi face à ce problème d'effectifs. " L'établissement a été créé en 2003. En juillet 2007, il est devenu un lycée en lieu et place du CES. Nous avons 1100 élèves pour 14 salles de classes opérationnelles et deux en construction. Nous faisons face à une forte demande alors que nous n'avons pas les capacités requises pour y faire face. Nous serons obligés de limiter les effectifs à 80 élèves maximum par salle de classe, pour ne pas être submergés ", explique-t-il.
Au collège Libermann, le père Damien Kono, principal du collège affirme avoir une moyenne de 60 élèves par classes. Soit un effectif de 1600 élèves environ pour 33 classes. Un effectif raisonnable. Cependant, le problème d'effectifs ne se pose pas ici, du fait que l'entrée au sein de l'établissement se fait de manière sélective. " Même si nous avons des places, nous ne pouvons pas recruter n'importe qui. Nous devons sélectionner les élèves en fonction des dossiers et de leur niveau pour maintenir la crédibilité de l'établissement ", affirme L. Mandengue, principal du collège Alfred Saker.
Contrairement aux effectifs pléthoriques des lycées, les collèges privés pour la plupart ne connaissent pas ce problème. Ils respectent les prescriptions du ministre des Enseignements secondaires Louis Bapes Bapes qui demande 60 élèves maximum par classe. L'entrée sélective dans ces établissements, renvoie un bon nombre d'élèves vers les lycées d'où, leur engorgement.
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