Serges Olivier Okole
14 Septembre 2007
C'est un acquis. Le prix de la baguette de pain ordinaire ne dépassera pas 150 F. La nouvelle a été confirmée hier, au terme d'une rencontre entre le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, les boulangers et les patrons des principales associations syndicales et des consommateurs du Cameroun.
Cette décision est d'autant plus salutaire que le pain compte parmi les denrées les plus consommées au monde. En outre, le secteur de la boulangerie est un grand pourvoyeur d'emplois au Cameroun en particulier. Une commission comprenant différentes personnalités des structures présentes, a été mise sur pied. Elle devra réfléchir sur des solutions durables à un problème qui va au-delà de la crise ponctuelle, parce que le problème de fond est structurel.
En effet, la crise actuelle met à nu les problèmes qui minent le secteur de la boulangerie : mauvais traitement des employés, fraudes sur le poids du pain (la baguette ordinaire qui devrait peser 210 g est très souvent réduite à des proportions congrues), fraudes fiscales, non payement des redevances sociales des employés, etc. sont certaines des pratiques courantes dans le secteur. Il n'en fallait pas tant pour animer le débat. Deux heures d'échanges francs et parfois véhéments, qui ont permis d'aller au fond d'une crise aux nombreuses ramifications.
Et, il a fallu un rappel à la conscience citoyenne, pour parvenir à un résultat probant : " Nous traversons une période de crise, et cette situation impose la solidarité ". Cette interpellation du ministre Luc Magloire Mbarga Atangana est venue donner du poids à une question lancinante, qui a eu le don de resituer la crise dans son contexte : Devons-nous continuer de subir les fluctuations des produits importés, alors que nous avons la possibilité de les substituer ?
Il est avéré que la menace de hausse du prix du pain est consécutive à l'envol du prix du blé sur le marché international, une denrée essentiellement produite dans les pays occidentaux. A cette situation, il faut ajouter une crise assez sévère dans le secteur du fret maritime, qui a augmenté de 40%, selon les chiffres du ministère du Commerce (Mincommerce).
Les deux faits combinés ont entraîné une importante hausse du prix de la farine, qui est passé d'environ 16 000 F le sac de 50kg à 22 000 F voire plus, dans certains points de vente Aussi bien au Mincommerce qu'au ministère des Finances, où une première réunion s'est tenue hier en mi-journée, la réflexion est allée dans le sens de développer au Cameroun des produits de minoterie capables de se substituer à la farine de blé. Dans cette perspective, il est évident que le pays produit un certain nombre de céréales et de féculents, au potentiel énorme
Mais, en attendant, il a surtout été question, d'abord pour le ministre des Finances, Essimi Menye, puis pour Luc Magloire Mbarga Atangana, de trouver une parade au plus pressé ; l'inquiétude des consommateurs de voir augmenter le prix d'une denrée qui pour certains se rapporte carrément à la vie C'est dans cet esprit que s'inscrit l'exonération fiscale, jusqu'au 30 novembre prochain, des intrants des produits de minoterie. Cette mesure conservatoire devrait permettre de ramener le prix du sac de farine à 20 000 F, en attendant de voir plus clair dans la crise internationale actuelle et de trouver des solutions durables au plan local.
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