Avec un peu plus de trois millions de francs octroyés par le Programme de soutien à l'action culturelle (Psac), la Fédération nationale des ballets et danses fondamentales du Sénégal initie 14 de ses membres à l'écriture chorégraphique. L'objectif est, au sortir de dix jours d'ateliers, de présenter des chorégraphes capables de monter des oeuvres.
La danse est une expression de liberté. Mais selon le professeur d'art dramatique et de chorégraphie, Mamadou Diop, elle ne doit pas pour autant toujours être créée par intuition. Le Pr Diop s'adressait hier à quatorze directeurs artistiques de ballets ou de compagnies de danses, qui suivent depuis mercredi dernier, l'atelier de formation en chorégraphie et en mise en scène à la maison de la culture Douta Seck.
De l'avis du Pr Diop, il faut rationaliser la création chorégraphique. Parce que, constate-t-il, 'de nombreux ballets et chorégraphes traînent des lacunes du fait de l'absence d'écrit dans leur création'. Chez les danseurs, fait savoir Mamadou Diop, le livret n'est pas écrit. Et la musique reste encore improvisée. 'Conséquence : les sujets ne sont pas traités comme il faut', remarque-t-il.
Ainsi, le Pr Diop conseille 'pour éviter que la création soit éphémère, il est aujourd'hui impérieux d'écrire et la musique et le livret avant d'entamer le travail artistique pour la danse'. Parce que, dit-il, 'le document d'une création dure dans le temps'. A l'image des grands ballets classiques d'Europe, la recherche doit être de mise. Elle doit déboucher sur une composition chorégraphique et une musique consignée dans des partitions, éditée et conservée.
Ce qui fait dire au directeur artistique de la Compagnie des ambassadeurs de la culture africaine, Bouna Bocoum, 'j'étais à côté de la réalité', car pour lui, la création exigeait plus de parole que de mouvements. Sa collègue de la Compagnie Bakalama de Thionkessyl, Khady Badji voit ainsi son travail fourni jusqu'ici comme 'une simple animation, du fait du non-respect des lois de la chorégraphie'. L'occasion sera donnée aux participants à l'atelier ce vendredi de restituer les enseignements reçus et ainsi marquer la rupture avec de vieilles pratiques.
Initié par la Fédération nationale des ballets et danses fondamentales du Sénégal, cet atelier de formation vise à outiller les chorégraphes. Pour un montant de plus de trois millions de nos francs, octroyés par le Psac, il s'agit selon le président de ladite Fédération, Malal Ndiaye, de donner aux danseurs les capacités de monter des oeuvres chorégraphiques.
Mais en dix jours de formation (12-22 septembre 2007), pense le dramaturge Oumar Ndao, le délai est cours pour asseoir les conditions d'une véritable formation au profit de 14 participants. Oumar Ndao milite en faveur de l'élargissement de cette formation à toutes les compagnies et ballets. Mais, estime le dramaturge, cette formation doit être prise en charge par les collectivités locales dans le cadre des compétences transférées.

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