Ziad Abdelhadi
19 Septembre 2007
analyse
Après l'infructuosité de l'appel d'offres de la Société nationale de l'électricité et du gaz (Sonelgaz) pour la réalisation des centrales électriques de Terga (Aïn Témouchent) et de Koudiet Eddraouch (El Tarf) d'une puissance de 1 200 MW chacune, la compagnie algérienne vient d'annoncer officiellement par la voie de son P-DG, Noureddine Bouterfa, qu'elle a décidé de relancer son appel d'offres.
Selon ce dernier, qui s'est prononcé lors d'une rencontre avec des journalistes de la presse nationale lundi dernier en soirée, la date de la confirmation des offres techniques du nouvel appel d'offres est fixée au 6 octobre prochain, tandis que la date de remise des offres commerciales est fixée au 20 novembre. Il y a lieu de rappeler que le premier appel d'offres, lancé en juillet 2006, avait donné lieu, le 8 août dernier, à une seule offre émanant d'un consortium formé par la compagnie française Alstom et le groupe égyptien Orascom. Ce consortium avait proposé un coût global d'environ 3,8 milliards de dollars et un délai de 55 mois pour Koudiet Eddraouch et de 45 mois pour Terga. Le coût du kW installé proposé s'élèverait ainsi respectivement à 1 757 dollars et 1 625 dollars. Auparavant, la Sonelgaz avait fixé le prix maximum pour la réalisation de ces deux centrales de type cycle combiné à 3,4 milliards de dollars.
Le P-DG a tenu à expliquer qu'«en cas de non-respect de ce prix plafond, l'entreprise se réserve le droit de donner suite ou non à l'offre financière ou bien de recourir à d'autres "stratégies" commerciales pour octroyer le marché». Ainsi, en déclarant infructueuse l'offre de l'unique groupement en lice (Alstom-Orascom), la compagnie algérienne semble avoir considéré, en toute logique, qu'avec de nouvelles offres, elle pourrait gagner en coûts et en délais, les deux centrales devant être mises en service vers la fin 2011. Par ailleurs, Nouredine Bouterfa a fait savoir que l'appel d'offres est relancé aux principaux constructeurs (dits détenteurs de licence) que sont Siemens, Alstom, General Electric (GE), et Mitsubishi, qui peuvent s'associer à d'autres partenaires comme dans le cas d'Alstom-Orascom.
«Les soumissionnaires ayant déjà finalisé les projets de contrats correspondant à ces centrales sont dispensés de la remise de nouvelles offres, une simple confirmation de leurs engagements étant requise», a-t-il précisé. Toujours dans le cadre de ces nouvelles soumissions, on apprendra que l'allemand Siemens doit, quant à lui, s'engager à «finaliser les pièces contractuelles sur la base des documents existants relatifs à des affaires similaires où il a été soumissionnaire». Pour rappel, Siemens avait été disqualifié pour avoir demandé à plusieurs reprises le report du délai de dépôt des offres techniques, après avoir été retiré d'une liste noire de Sonelgaz en octobre 2006. Autre condition imposée aux autres soumissionnaires : accepter tels quels les projets de contrat finalisés avec les trois concurrents.
Le P-DG est revenu sur l'opération de pré-qualification des candidats au premier appel d'offres où il rappellera : «Outre le consortium Alstom-Orascom, un groupement composé de la compagnie américaine General Electric et de la société espagnole Cobra était pré-qualifié après l'évaluation de ses offres techniques, mais ce groupement n'a pas présenté les offres commerciales correspondantes, Sonelgaz lui ayant refusé tout délai supplémentaire. Un refus qui, selon Bouterfa, s'explique en premier lieu par le fait que General Electric a invoqué la nécessité d'obtenir un délai d'au moins trois mois pour trouver un autre partenaire (Cobra s'étant retiré) sans pour autant fournir la garantie qu'il respecterait ce délai et trouverait le nouveau partenaire. En second lieu, ajoute-t-il, les délais de réalisation annoncés par GE sont supérieurs de 9,5 mois comparés à ceux d'Alstom. Ce qui ne pouvait que différer encore l'offre et d'aggraver ainsi la situation dans un contexte international où la construction de centrales électriques coûte de plus en plus cher et les délais d'acquisition sont de plus en plus longs. Une conjoncture internationale non favorable et qui incite à aller vite en besogne.
En effet, «la flambée des prix des matériaux servant à la construction de centrales (nickel, cuivre, acier, béton...) observée depuis une année à peine avec des prix parfois multipliés par huit, ajoutée à une pénurie de main-d'Å"uvre dans un contexte de forte demande d'installations de générateurs électriques de par le monde, ont en effet généré un véritable emballement des coûts et un allongement considérable des délais de réalisation, en même temps qu'elles ont rendu problématique toute projection sur le long terme dans ce domaine» explique-t-on. A la question de savoir si le marché des deux centrales sera concrétisé à l'échéance fixée, soit l'horizon 2011, le P-DG de Sonelgaz a répondu : «Je reste confiant et optimiste à ce sujet.»
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