Dans le cadre de sa campagne de renforcement des capacités juridiques de ses acteurs, l'Association des métiers de la musique (Ams) a formé trente-cinq musiciens, producteurs et managers aux questions des droits voisins et surtout à la conception des contrats.
L'espérance est grande chez les artistes et particulièrement les musiciens qui sont dans l'attente de l'adoption par l'Assemblée nationale de la loi sur la propriété littéraire et artistique. Le président de l'Ams, Aziz Dieng, qui a réitéré cet espoir lors du point de presse tenu hier, semble rassuré du fait que la loi ait été adoptée en conseil des ministres, la semaine dernière.
Mais pour que cette loi soit mieux portée par ces acteurs, un séminaire de formation des formateurs a été organisé à Mbour pour les informer des bénéfices qu'ils peuvent tirer de cette réglementation. Cette session de formation participe, selon Aziz Dieng, à une campagne nationale de renforcement des capacités juridiques des acteurs. Durant cinq jours (15-19 septembre 2007) trente-cinq professionnels du secteur, constitués de musiciens, producteurs et managers venus de toutes les régions du Sénégal ont été formés sur les questions de propriété littéraire et artistique.
Il s'agit, selon le Pr français André Lucas, de présenter aux séminaristes les notions de base et le vocabulaire juridique que tout acteur doit savoir s'il veut comprendre le droit d'auteur. Notamment qu'est-ce qu'un auteur ? Qu'est-ce une oeuvre ? Qui a les droits d'auteur sur une oeuvre ? Qu'est-ce qu'il a comme droits. Mais aussi, c'est quoi les droits voisins, c'est-à-dire les droits des artistes interprètes. Et à qui profitent ces droits. Les participants ont été surtout initiés sur les différents types de contrats.
Les participants ont pu se faire des idées par rapport à leurs droits pour la radio, la télévision et pour tous les autres supports médiatiques. Mais, souligne l'expert français, 'cela n'a pas été facile de les inculquer toutes ces règles des contrats'. Parce que, soutient notre interlocuteur, 'il y a des pratiques variées d'un pays à un autre'. Les grands principes ont été ainsi livrés à ces acteurs, non pas pour les substituer aux avocats, mais pour leur permettre de lire, comprendre et négocier leurs contrats.
Et pour une large diffusion des enseignements reçus, rassure Aziz Dieng, les participants à cette formation vont se disperser à travers le Sénégal pour animer quarante sessions de formation au profit de mille acteurs de la musique. Ces formations, organisées conjointement par l'Association des métiers de la musique et la Coalition interprofessionnelle des producteurs et éditeurs de phonogrammes du Sénégal, ont été financées à hauteur de 200 millions dégagés par l'Unité de gestion des projets de promotion des investissements.

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